La SNCB et les extrémistes de gauche - Les coulisses du pouvoir

La SCNB et les extrémistes de gauche - Les coulisses du pouvoir
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En se divisant, les syndicats ont donné le bâton pour se faire battre. Bart De Wever n’a pas hésité à l’utiliser. Il en appelle à une scission de fait de la SNCB, en proposant de scinder (là où c’est possible) les lignes qui traversent les régions. Sa motivation est limpide : « Il n’y a pas moyen de traiter avec ces extrémistes de gauche du sud du pays et encore moins de diriger une société ferroviaire. »

C’est là le premier véritable résultat de cette grève : avoir offert à Bart de Wever son argument massue. Lui avoir offert une nouvelle possibilité de désigner les gauchistes francophones, et surtout les syndicats, comme un frein à la bonne gestion.

La SNCB, victime du corporatisme syndical ?

Pour partie, Bart de Wever a raison de pointer la responsabilité syndicale dans la situation délicate de la SNCB. Les organisations syndicales ont parfois bloqué des réformes, sanctuarisé des acquis et freiné la modernisation de l’entreprise. C’est le cas de certains statuts du personnel qui ont été sacralisés. On peut aussi concéder à Bart de Wever que la présence de militants du PTB au sein des syndicats francophones ne doit pas faciliter pas le dialogue social.

La SNCB, victime de l’incurie politique ?

Mais à force de regarder la paille syndicale, on évite la poutre politique. Il faut être de très mauvaise foi pour ne pas voir que la responsabilité politique dans la situation actuelle est écrasante. Une responsabilité ancienne et largement partagée...

Qui a créé 114 filiales à la SNCB ? Pas les extrémistes de gauche.

Qui a décider de restructurer la SNCB en trois entités avant de la re-restructurer une nouvelle fois en désorganisant l’ensemble ? Pas les cocos.

Qui a pondu une structure où se multiplient les postes de directions de plus en plus rémunérateurs ? Pas les grévistes.

Qui a décidé d’investir dans des gares pharaoniques ? 800 millions à Anvers, plus de 400 pour Liège et 272 pour la gare de Mons. Autant dans le prestige et pas dans le matériel roulant ? Pas les représentants du personnel.

Qui a décidé que l’ancien patron du rail Marc Descheemaecker, aujourd’hui passé à la NVa, touche un parachute doré de 1.3 millions d’euros lors de son départ ? Pas les travailleurs du rail.

La SNCB et ses usagers souffrent parfois de corporatisme et de rigidité syndicale, c’est vrai. Mais taper sur les syndicats est surtout pratique pour se défausser et cacher l’immense responsabilité politique dans le gâchis actuel.

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