La science, les coiffeurs et le MR

La science, le MR et les coiffeurs
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Il y a un air de déjà-vu avant ce comité de concertation. D’un côté, un parti libéral francophone qui souhaite amender la stratégie, assouplir les mesures pour certains secteurs et de l’autre les autres partis, y compris la N-VA, qui publiquement se tiennent derrière le Premier ministre et le ministre de la santé même si parfois, sous le manteau ils regrettent un manque de concertation. Il est vrai que du point de vue de Frank Vandenbroucke, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Aucun assouplissement ne figure au programme. Alexander De Croo lui ne veut pas donner de faux espoirs à la population. Le MR de son côté remet en cause la fermeture des coiffeurs faute de preuves scientifiques solides.

Que cherche le MR ?

Cette demande devrait rester lettre morte. Mais elle ne sert pas à rien parce qu’au bout du compte le ministre des classes moyennes David Clarinval obtiendra peut-être quelque chose, des nouveaux protocoles ? Des nouvelles indemnisations ? Pour le MR, il est évident que le ministre et le parti doivent se positionner en défenseur des indépendants. Pour la présidence du MR cela revient à relayer leurs demandes. C’est ce qui fait dire aujourd’hui à Georges-Louis Bouchez qu’il n’est pas virologue mais que les études qui ont soutenu la fermeture des coiffeurs n’étaient pas scientifiques et manquaient de preuves. Il demande donc une réévaluation de leur cas.

Que dit la science ?

Les experts nommés par le gouvernement pour les conseiller s’expliquent dans leur dernier rapport sur l’absence de preuve formelle pour soutenir certaines mesures. Le Covid est une maladie nouvelle, dit le GEMS. Les preuves issues d’études méthodologiquement solides sont très rares et deviennent progressivement disponibles. Néanmoins, des décisions sanitaires doivent être prises entre-temps, sur la base d’évaluations théoriques des risques, d’extrapolations à partir de connaissances antérieures et du principe de précaution.

Les experts ajoutent qu’il existe maintenant de nombreuses preuves que l’augmentation du nombre des contacts dans la société provoque plus d’infections, d’hospitalisations et de décès. Cependant, il existe maintenant de nombreuses preuves de la virologie et de l’épidémiologie que l’augmentation du nombre des contacts dans la société provoquent plus d’infections, d’hospitalisations et de décès. Et ce d’autant plus que les interactions sociales sont intimes ou exubérantes, plus leur distance est petite, plus la protection du masque est faible, plus la durée de contact est longue et plus la ventilation est mauvaise. Cela signifie que les preuves scientifiques permettent un classement des activités en termes de risques sanitaires ; aller dans un magasin est moins risqué que d’aller chez le coiffeur (où la distanciation sociale est par définition impossible).

Traduisez, si on veut soutenir un confinement par des preuves scientifiques de grande qualité (celle du niveau d’un essai randomisé pour un vaccin par exemple) on ne ferme rien, ou presque. Cela veut dire que la politique joue un rôle majeur dans les décisions, que la science ne dit pas tout, et n’est pas formelle sur tout. Plusieurs choix politiques sont possibles et justifiables. Le MR est légitime à exprimer les siens, en particulier la défense des indépendants et de la réouverture des salons de coiffure.

Mais, la méthode pose question. Les "Je ne suis pas virologue, mais...", jette le discrédit sur la qualité des expertises et donc des experts qui conseillent le gouvernement et elle sape la crédibilité de l’ensemble des décisions politiques en matière sanitaire.

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