La première à gauche?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Cela s'agite à gauche! VEGA et le PTB affichent des ambitions pour le scrutin du 25 mai prochain. Cela fait presque 30 ans pourtant que l'extrême-gauche n'a plus de représentation parlementaire. Cela peut-il changer? Une première depuis longtemps...

Depuis quelques temps, il y a effectivement comme un frémissement à la " gauche de la gauche ". La crise économique profonde, la méfiance à l’égard du secteur financier et des banques, les politiques d’austérité et un Premier Ministre socialiste devant assumer une politique souvent jugée de " centre-droit " peuvent en vrac expliquer cette situation.

A cela, il faut y ajouter le dynamisme du PTB. Crypto-maoïste jusqu’il y a peu, la petite formation a su opérer un renouvellement de façade tout en pouvant toujours compter sur le dynamisme de ses militants. Les Maisons médicales, la présence aux piquets de grève, la présence médiatique ou la visibilité lors des mouvements sociaux ne se démentent pas.

Mais tout cela peut-il déboucher un succès électoral ?

Depuis 1985 et Didier Bajura, Daniel Fedrigo (députés) et Jules Vercaigne (sénateur), il n’y a plus eu de parlementaires à la gauche du PS. Le Parti Communiste aura pourtant disposé d’une représentation durant 60 ans.

Hormis dans une certaine mesure ECOLO, les expériences d’une autre gauche auront tourné court en Wallonie et à Bruxelles.

L’air du temps

Le PTB ne pesait au dernier scrutin que 1,4% en Flandre, 1,6% à Bruxelles et 1,9% en Wallonie. Même à Liège, bastion du parti, celui-ci ne représentait que 3,09% aux législatives de 2010 (sur l’ensemble de la province) et 2,6% aux régionales de 2009 (sur l’arrondissement) ; il faudrait une progression phénoménale pour atteindre les 7 ou 8% nécessaires à l’obtention d’un siège pour Bruxelles ou Namur. Quand le PTB proclame son ambition de décrocher un siège, il y a en fait beaucoup de wishful thinking, voire d’intox. Mais c’est aussi la règle du jeu en début de campagne électorale.

L’extrême-gauche souffre chroniquement d’un émiettement : trois formations en Hainaut et à Liège lors des dernières législatives.

L’air du temps semble porter le PTB. Le parti a observé le dernier scrutin communal et provincial de près : 4,71% sur la province de Liège mais 6,64% sur l’arrondissement de Liège aux provinciales. Des raisons d’espérer dans une région de plus marquée par les restructurations de la sidérurgie et les pertes d’emplois.

Le PS a sans doute à craindre cette montée, tout comme ECOLO, mais même avec un siège, l’extrême-gauche ne pèsera guère dans la composition des futures majorités, juste devenir le poil-à-gratter de celles-ci.

Philippe Walkowiak

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