La N-VA volontairement floue à propos du Vlaams Belang

Bertrand Henne
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La N-VA est-elle prête à faire alliance avec le Vlaams Belang après les élections? La réponse à cette question n’est pas claire. Elle dépend à qui on a posé la question. Geert Bourgeois, le ministre-président flamand, ce week-end sur RTL, a dit assez clairement que pour lui, il n’en était pas question. Pourquoi? Parce qu’il est “un nationaliste qui croît dans les valeurs des lumières”.

Sur ce point, il faudrait qu’il aille s’accorder avec Bart De Wever. Le président de la N-VA, lui, cite Edmund Burke comme référence idéologique de son nationalisme. Or, le philosophe Edmund Burke est le plus célèbre des penseurs de la tradition dites des "Contre-Lumières".  

Mais bref, pour Geert Bourgeois, pas d’alliance avec le Vlaams Belang. Et de toute façon, au delà même des considérations morales, il le reconnait, il n’y a pas de majorité en Flandre pour déclarer l’indépendance. Si Geert Bourgeois est clair, ce n’est pas le cas d’autres membres de la N-VA.

Peter De Roover pour une alliance séparatiste

Le chef de groupe N-VA à la Chambre a lui carrément ouvert la porte au Vlaams Belang. Il place d'ailleurs sur le même pied Vlaams Belang et PS. Dans un débat organisé par le mouvement flamand, il a lâché qu’il était favorable à une majorité avec le Belang pour obtenir l’indépendance, dans un scénario proche de la Catalogne. "Nous le ferions même avec le Parti Socialiste" a-t-il lâché.  Il y a un an, Théo Francken avait été encore plus clair en disant : "Nous sommes contre le cordon sanitaire".

La communication de la stratégie de la N-VA avec le Vlaams Belang est sans doute volontairement confuse, pour ne se couper d’aucun électorat. Mais cela révèle aussi des divisions internes, des courants, des visions différentes autour des fondements même du nationalisme de la N-VA.

Le Vlaams Belang allié et talon d’Achille de la N-VA

Pour la N-VA, ces prises de positions divergentes sont le signe d’une tension entre son aile radicale (très attachée au séparatisme) et le nouvel électorat venu du CD&V et du VLD (plutôt séduit par la ligne économique et sécuritaire de la N-VA). 

S'allier au Vlaams Belang n’est certainement pas l’option souhaitée par Bart De Wever. Jusqu’ici, il a profité de l’isolement et du cordon sanitaire pour siphonner les voix du Belang. Autrement dit, il considère le belangers comme les idiots inutiles du nationalisme flamand.

Mais cette méga campagne qui a commencé pour 2019 passe d'abord par les communales de 2018 et passe surtout par Anvers. Or, la N-VA est fameusement challengée par la liste Commune SPa-Groen. Le CD&V, au centre, sera probablement faiseur de roi. Pour Bart De Wever, l’option Vlaams Belang sera peut-être la seule manière de se maintenir au pouvoir. 



 

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