La manifestation des inquiétudes

Au-delà de la capacité des syndicats à mobiliser largement, l’inquiétude d’une part importante de la population est patente. Ce n’est pas forcément de l’anti-MR/N-VA/VLD/CD&V primaire que de le faire remarquer.

Manque de pédagogie

Les mesures gouvernementales ont pris de cours puisque notamment aucun parti de la présente coalition fédérale n’avait inscrit la retraite à 67 ans à son programme.

De plus, ce report de l’âge de la pension n’a été justifiée que par l’allongement des carrières avec un brouillard très épais sur le système futur des prépensions et on a même fini par entendre le nouveau ministre des pensions affirmer que moins de 10% des travailleurs seraient effectivement touché par cette mesure sans qu’on ne sache comment ni pourquoi alors la prendre. Si la nécessité de l’allongement de la carrière est généralement comprise, le report de l’âge a effrayé.

Même flou sur l’effet du saut d’index : indolore pour le MR, grâce à des mesures fiscales, diminuant le pouvoir d’achat de 2/3 des travailleurs pour le ministre N-VA des finances.

Quel effet ?

Il est assez puéril de voir la seule main du PS derrière cette mobilisation importante. Après le plan global du gouvernement Dehaene-(Di Rupo) en 1993-94 ou en 2005, contre le gouvernement Verhofstadt-(Onkelinx), la mobilisation avait été très forte avec plus de 100.000 manifestants dans les rues de Bruxelles.

Il faut aussi dire que tant les mesures d’austérité des années 90 que le pacte des générations qui visait à réduire les prépensions ont finalement bel et bien étaient maintenus à l’agenda.

Autant dire que cette fois avec un gouvernement de droite et une N-VA qui a déjà démontré qu’elle veillait au grain de la rigueur, l’essentiel des mesures sur la table, qui de plus enchantent les patrons, échappera au couperet d’une hypothétique concertation.

Le seul grain de sable ne pourrait venir que d’une pression insoutenable de l’ACW sur le CD&V, un peu comme en 1987 lorsqu’il s’est agi d’éjecter les libéraux. Mais il faut bien reconnaître que la configuration actuelle est très différente.

 

Philippe Walkowiak

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