La guillotine anversoise et le Veau d'Or des voitures de société

Ça repart et ça revient, le sujet du subside octroyé aux voitures de sociétés à été ouvert par le politologue Dave Sinardet en Flandre il y a quelques jours. Le débat a pris très vite, jusqu'à toucher le ministre des Finances lui-même, Johan Vanoferfeldt qui a jugé utile d’évoquer ce bonus aux voitures de société dans le cadre d’une large réforme fiscale… Mais Bart de Wever, hier, a refermé la porte. On ne touchera pas au système. Bart De Wever ferme la porte, comme sur la distribution légale de cannabis ou la taxation des plus-values… Bart de Wever est la guillotine d’Anvers, dès qu’un débat heurte les fondamentaux fixés par la NVa, ça tombe comme un couperet venu de l’Escaut…

Et pourquoi la taxation des voitures de sociétés est-elle un tabou ?

Parce que la voiture de société, c’est le Veau d’Or de la classe moyenne supérieure, celle qui vit en périphérie des grandes villes, l’électorat de base de Bart de Wever Bart de Wever le dit sans détour : il ne veut pas qu’on touche au système car "c’est le moyen pour les gens d’avoir un salaire correct". En disant cela, en fait, il ne fait que pointer le vrai problème de départ : la pression fiscale sur le travail… Et il ne répond pas du tout à la question posée par Dave Sinardet : "est-ce que la voiture de société est la bonne manière de baisser l’impôt sur le travail ?"

Rappelons le contexte : le régime fiscal des voitures de société intervient, dans les années 80, à un moment où la Belgique, en crise, gèle les salaires, et oui ça a un goût de déjà-vu, je sais… Donc, les salaires sont gelés, la fiscalité sur le travail augmente. La pression sur les salaires est trop forte dans le privé. Les cadres supérieurs, qui sont plus difficiles à recruter et moins nombreux sur le marché du travail, obtiennent des augmentations de salaires déguisées à travers les voitures de société.

Le régime va s’ouvrir petit à petit à de plus en plus de travailleurs…

Oui, et il arrange les employeurs et les travailleurs, patrons et syndicats s’y retrouvent, d'autant plus que la Belgique, à l'époque, assemble beaucoup de voitures, cela fait tourner les usines aussi. Aujourd’hui, Dave Sinardet fait ses comptes : 780.000 voitures de société et 4 milliards aux frais de l’État… Un impact négatif au niveau de la mobilité et de la santé indéniable, des usines d'assemblage qui sont presque toutes parties. Reprenons donc : la question n’est pas tant de savoir si le système est injuste. La question est de savoir si le régime est efficace à un moment où les finances de l’État sont sous pression. Espérons que la guillotine Anversoise ne soit pas fatale au débat.

Bertrand Henne.

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