La Flandre grandit tous les jours

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Re-belotte : la Flandre gagne à nouveau du terrain, gonfle et se dilate jusqu'à emplir l'essentiel de la Belgique. Elle avait déjà démontré ses dispositions au gratin new-yorkais le mois dernier. Elle confirme aujourd'hui. Cette fois, ce n'est plus une disparition de la Wallonie ou de Bruxelles qui est orchestrée, c'est carrément un anschluss.

On se rappelle de la dernière révision d'atlas que la Flandre a faite en décembre dernier. Avec les Pays-Bas, elle conviait le secteur du tourisme américain à une manifestation new-yorkaise pour vanter ses mérites. Et le carton d'invitation rayait la Wallonie de la carte en fondant son territoire dans celui de la France. Sur la même lancée, Bruxelles était allègrement resituée au milieu de la Flandre. Bref, pourquoi encore aller ailleurs en Belgique si tout se trouve déjà au nord ? Le message était clair.

L'épisode a fait grincer des dents jusque et y compris le premier wallon. Rudy Demotte se présente pourtant plutôt comme quelqu'un de linguistiquement mesuré qui n'hésite pas à jouer l'ouverture vis-à-vis de la communauté flamande. Mais là, disait-il, on ne peut plus croire en la sincérité d'une Flandre qui nie la Belgique et la loyauté fédérale.

Eh bien Rudy Demotte peut se préparer à constater d'autres exemples de ce qu'il appelle lui-même le résultat visible d'un bourrage de crâne nationaliste. Sur l'internet, c'est maintenant FlandersBio qui embraye. L'organisation qui chapeaute le secteur biotechnologique flamand explique sur son site que son projet est de construire «une masse critique» (de centres de recherche, d'institutions académiques, de parcs scientifiques...) pour attirer les entreprises, les investisseurs et les fournisseurs de service. Et pour appuyer ses arguments, elle démontre, carte à l'appui, l'ampleur des compétences flamandes.

 

Louvain-la-Neuve ? En Flandre bien sûr !                 

Sur une carte Google qui grosso modo reprend le nord du pays, FlandersBio fixe les limites des biosciences flamandes bien au-delà de la frontière linguistique. Non seulement, au-delà des talents flamands, elle n'hésite pas à annexer une série de sociétés ou de centres de recherches bruxellois mais, mieux encore, elle n'arrête les limites de ses ambitions qu'à Louvain-la-Neuve, englobée sans autre forme de procès.

Le parc scientifique néo-louvaniste, installé à cet endroit par la force du Wallen Buiten - c'est tout de même un comble - est le premier parc scientifique créé en Belgique. C'est aussi le plus grand et le plus actif de Wallonie. 145 entreprises s'y sont installées à proximité de l'université. Ce sont plus de 230 hectares consacrés aux sciences du vivant, à la chimie fine ou aux technologies de l'information et de la communication. On imagine facilement l'intérêt qu'il y a à le faire figurer dans les petits papiers de FlandersBio. Mais la ficelle, ici, est tout de même bien épaisse !

A Louvain-la-Neuve, ce coup de marketing flamando-flamand a, paraît-il, amusé. Il n'est pas sûr en revanche que cette Flandre hypertrophiée n'ait pas à nouveau... gonflé les responsables politiques wallons et bruxellois.

(C. Defoy)

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