La fin des agences de notation?

La France, depuis le début de la crise affirme à juste titre que ce n'est pas aux agences de notation de diriger l'économie dans la zone euro, hier la même France évoquait carrément la faillite si le pays perdait son triple A, c'est-à-dire le meilleur bulletin délivré par ces agences. Bien sûr avoir un triple A vous assure de pouvoir emprunter à petits prix sur les marchés mais tout de même, les deux ans qui viennent de s'achever le montrent bien: les marchés semblent pousser les Etats à la rigueur budgétaire.
Mais ces mêmes marchés peuvent soudainement vous sanctionner parce que décidément cette rigueur, vous comprenez, ça va étouffer la croissance, et hop, les agences vous dégradent pour moins que ça.
Les Européens piégés
Depuis deux ans, les Européens déplorent la toute puissance qu'ils ont eux mêmes donnée à ces agences. Les banques, les institutions financières devaient détenir un certain nombre d'actifs bien cotés par les agences, la Banque centrale elle-même ne pouvait pas accepter en garantie des produits qui étaient mal cotés. Les règlements ont changé, mais les Etats sont toujours confrontés au même problème: comment se détacher de ces agences, ou en tout cas limiter leurs pouvoirs sans risquer de voir les marchés en tirer des conclusions pas forcément justes? Les Etats continuent à vivre le nez sur la bénédiction de ces agences qui rappelons le continuaient à bien coter la banque Lehman Brothers quelques semaines avant sa faillite.
La Commission prépare des réglementations, veut obliger les banques les institutions à procéder elles mêmes aux analyses de risques, les textes exigeront plus de transparence, qui paye les agences, comment travaillent-elles, il faudrait aussi permettre une plus grande concurrence entre les 3 grandes et les autres, plus petites etc ... 
Une agence publique?
Les Européens envisagent aussi de créer une agence de notation européenne. Mais je peux toujours déclarer ici que je vais reprendre la météo de Denis Collard parce qu'il donne trop de mauvaises nouvelles, cela ne suffira pas pour que tout le monde écoute mes prévisions. La comparaison est un peu tirée par les cheveux mais une agence publique pour coter des autorités publiques aura sans doute un peu de mal à assurer sa crédibilité, la confiance ne se décrète pas. Mais les Etats membres pourraient déjà commencer par cesser de faire systématiquement et publiquement référence à ces agences pour justifier leur politique économique et sociale. 
Anne Blanpain
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