La chronique de Bertrand Henne: Syriza année zéro

La chronique de Bertrand Henne: Syriza année zéro
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Bertrand Henne revient ce lundi sur la victoire du parti Syriza aux élections législatives en Grèce.

C'est un test pour l'Europe qui va devoir démontrer dans les prochaines semaines sa capacité à entendre l'aspiration démocratique des Grecs. Les Grecs ne voulaient plus de ceux qui les ont conduit dans la crise mais ils n'ont pas choisi le rejet massif de l'Europe, ce ne sont pas les communistes ou Aube Dorée qui triomphe...

Non les Grecs lancent un appel à l'aide...une vraie aide de la part de l'Europe...

Car d'une manière générale, l'aide à la Grèce a été conçue par les européens d'abord comme un plan d'endiguement, destiné à éviter l'effet domino d'un défaut de paiement, c'était avant tout un plan d'aide aux banques et aux créanciers. Aujourd'hui il faut y intégrer les Grecs.

Mais il n'est pas certain que ce message soit entendu.

Si l'on entend notre ministre des finances dire qu'on peut discuter de modalités mais pas fondamentalement changer le plan d'aide à la Grèce...Si l'on entend David Cameron parler d'incertitudes économiques accrues...on se doute que l'atterrissage sera compliqué...

Cette politique du fusil sur la tempe a été rejetée, les Grecs sont en attente d'un autre rapport à l'Europe.

Un test pour l'Europe, un test pour Syriza et derrière pour la gauche radicale en Europe...

Syriza fait bouger les lignes politiques. Le parti est très à gauche mais pas anti-européen. Syriza se veut en réalité réformiste, cherche à renégocier sur d'autres bases. Au fond Syriza ne sort pas du champs de la sociale démocratie...On pourrait même parler d'une sociale démocratie renouvelée...C'est ce qui différentie du parti communiste Grec, anti-européen soutenu par le PTB notamment. Oui la Grèce est aujourd'hui un laboratoire pour cette nouvelle gauche européenne qui renvoie dos à dos socialisme gestionnaire et communisme révolutionnaire...

Le plus dur est là...Syriza ne doit pas seulement négocier avec l'Europe, il doit surtout démontrer sa capacité à impulser des réformes. Instaurer une vraie fiscalité, mettre au point une administration plus efficace, diversifier l'économie Grecque, bref faire fonctionner l'Etat de manière moderne...afin de pouvoir vraiment réaliser son programme social.

Le petit parti communiste dissident créé en 1991, doit aujourd'hui gérer un pays et assumer les contraintes et contradictions du pouvoir...Et toute l'Europe le regarde...

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