La Belgique a besoin d'un psychiatre

Le biais de confirmation, est un biais cognitif assez courant. Au fond nous avons tendance à privilégier les informations qui confirment nos idées préconçues ou nos hypothèses. Autrement dit, même si on est dans l’erreur, nous allons nous persuader que les autres ont tort.

Le CD&V et sa réforme de l'Etat

C'est ce qui semble arriver au CD&V. Il souhaite continuer ce qu’il fait depuis plus de 50 ans, régionaliser. Et de réclamer la régionalisation des soins de santé. D'un certain point de vue, le mouvement de régionalisation a plutôt pas mal réussit à la Flandre. Mais en même temps, le modèle montre aussi des limites. Les discussions autour de la loi climat à la chambre le prouve. À force de régionaliser, on se rend compte qu’on arrive pas à décider. En matière de climat la Belgique est devenue une conférence de l’ONU à elle toute seule. C’est une démonstration évidente, et ce n’est pas la seule, de la limite du modèle voulu entre autre par le CD&V. Ce modèle est en crise, il nous vaut des manifs de jeunes à n’en plus finir, mais le CD&V continue à s’opposer à des solutions visant à en corriger les défauts, pire il en remet une couche sur les soins de santé.

Cohérence ou acharnement ? 

Connaissez vous l’histoire de Ron Johnson, c’est  l’inventeur des Apple store, un des plus grand succès de l’histoire de la distribution. Il était très convaincu par lui même. Un jour il se fait débaucher, par JC Penney. Une grande chaîne de magasin aux Etats Unis. Il applique là bas les même recettes que chez Apple. C'est un échec, 51% de baisse de capitalisation, 20 000 licenciements. Ce qui rend cet échec si intéressant c'est que Ron Johnson s’est appliqué avec résolution à se tirer une balle dans le pied. Il a ignoré tous les signaux qui lui aurait permis de corriger le tir. 

Des psychologues ont étudié son cas, un cas évident de biais de confirmation. Ron Johnson a cru que le succès chez Apple était du largement à son talent. Alors que le succès de vente des iphone s'expliquait pas l'intervention de beaucoup d'autres gens que lui. Ce narcissisme l'a conduit a rejeter toutes les critiques. Il a finit par se dire que si il était critiqué c’est qu’il était dans le bon, que la résistance au changement était le signe qu’il fallait changer. 

On peut se demander pourquoi au CD&V et chez certains autres, on refuse de tirer les leçons du passé? Pourquoi on refuse d’avoir un débat ouvert sur ce qui pourrait être légitimement régionalisé, et légitimement re-fédéralisé? Pourquoi que ce soit par une loi climat, un accord de coopération, une réforme de l’Etat, on refuse une gouvernance claire en matière de climat ? Pourquoi, c’est dans La Libre ce matin, nous n’arrivons pas à profiter du Brexit, pourquoi les grandes boites anglaises choisissent Amsterdam ou Paris? Pourquoi le CD&V, comme la NVa et parfois d’autres partis, estiment-ils que ce qui ne fonctionne pas dans le système belge est le signe qu’il faut persévérer dans les politiques qui nous conduit à être là ou nous en sommes? Pourquoi des partis, des hommes, des femmes sont incapable de constater ce qui ne fonctionne pas et de corriger le tir?  

La réponse ne se trouve plus seulement chez les observateurs, citoyens, journalistes ou politologues, elle est sans doute aussi chez les psychiatres...

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