L'incivisme de Bart De Wever face au coronavirus

Et ce qui ne devait pas arriver arriva. C’est la confusion. Le gouvernement fédéral, conseillé par les meilleurs experts en matière d’épidémie, recommande l’annulation des événements de plus de 1000 personnes. L’idée est simple : éviter ce qui est arrivé dans le nord de l’Italie ou à Wuhan en Chine.

Les hôpitaux ont été débordés. Il faut donc éviter que trop de monde tombe malade en même temps. Cela permet au système de santé de tenir bon et que le maximum de personnes plus fragiles puissent être sauvées. Si on peut faire ça, l’exemple de la Corée du Sud montre qu’on peut très bien s’en sortir.

Le gouvernement fédéral "recommande" donc l’interdiction de certains événements. L’interdiction n’est pas formelle. Dommage c’eut été plus clair.

L’exception Bart De Wever

Bart De Wever, ne veut pas appliquer la recommandation et il explique pourquoi. Les intérêts économiques de sa ville :

On ne peut interdire des événements à Anvers que sur base d’une ligne de conduite claire et objective formulée par les autorités fédérales, et non sur base d’un avis. Si une telle ligne de conduite est donnée, il faudra qu’elle soit accompagnée d’un fonds d’indemnisation pour éviter un bain de sang économique au secteur et à tous les sous-traitants.

Bart De Wever est dans son droit, depuis 1831, on vit dans un pays de municipalistes. La lasagne institutionnelle n’a rien à voir ici. Ce sont les bourgmestres qui ont les premiers pouvoirs en matière de sécurité, de salubrité sur leur territoire. Quand le problème est étendu sur plusieurs communes, c’est le gouverneur qui prend les décisions.

Si le danger est national le fédéral peut reprendre la main. Mais pour des mesures de restrictions fortes il faut passer en phase 3, le plus haut niveau de gestion de crise. Le fédéral ne l’a pas fait.

Phase 3 ?

Pour prendre ce genre de mesure d’interdictions il aurait sans doute fallu passer en phase 3. Le plus haut niveau de crise. Le fédéral dispose alors de beaucoup de pouvoir. Il décide, les gouverneurs appliquent et les bourgmestres se taisent.


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Car l’attitude de Bart De Wever le prouve malheureusement, on n’est pas à l’abri de l’incivisme et de bassesse sur un sujet aussi sérieux que le coronavirus.

La phase 3 on n’y est pas encore. On y sera sans doute bientôt si trop de monde réagit comme Bart De Wever. Le meilleur allié du coronavirus c’est l’incivisme.

Comment qualifier autrement le refus de respecter l’esprit d’une décision prise avec les meilleurs spécialistes de santé publique du pays ? Bien sûr, recommandation n’est pas interdiction. Le sens des mots est du côté de Bart De Wever.

Mais la consigne était claire. L’esprit des mots c’était solidarité et responsabilité. Cet esprit imposait aux responsables de ce pays d’appliquer sans broncher la recommandation pour le bien de tous. Bart De Wever hier a manqué de solidarité, manqué de responsabilité, manqué une occasion de se taire.

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