L'esprit BHV

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Et de trois ! Après l’arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde, après la loi de financement, place donc à l’arrondissement judiciaire de BHV, même si on avait cru comprendre il y a trois semaines, que le problème était réglé. Soit.

L’accord institutionnel semble à présent à portée de main : les transferts de compétences ont été pratiquement réglés, même si cela coince encore un peu sur le code de la route ou la tutelle sur la Mer du Nord. Il reste à savoir jusqu’où iront ces transferts et surtout à fixer le montant des budgets transférés. L’Etat central dégrossi pourrait être tenté de garder une partie de l’argent pour assainir sa situation. Reste aussi à savoir dans quels délais ces transferts s’opèreront ; avant ou après avoir assaini les finances publiques, 2012 ou 2016 ?

Sur le renouveau politique, il y a déjà accord sur la réduction du salaire des ministres, le gel de la dotation royale, l’interdiction de candidatures multiples à des élections simultanées ou la réforme du Sénat. Mais, le CD&V reste réticent à jumeler élections fédérales et régionales, voulant pérenniser le fait régional, indépendant des soubresauts "nationaux".

L’accord "BHV judicaire" paraît équilibré. Chacun obtient son symbole : pour les Flamands, la scission et la création d’un parquet d’Hal-Vilvorde, pour les francophones, le maintien pour les habitants du droit d’être jugés, le cas échéant, en français. Le parquet d’Hal-Vilvorde abritera même des magistrats francophones. Originalité : des francophones d’Ostende ou des Flamands de Durbuy ou Jodoigne pourront prétendre, sous certaines conditions, à être jugés dans leur langue.

Ce troisième accord va permettre de clôturer sous peu le volet institutionnel. Mais la prestation de serment des nouveaux ministres, ce ne sera pas pour tout de suite.

Il faudra déterminer qui poursuivra l’aventure de la négociation. CD&V et VLD restent réticents à l’idée de voir les Ecolos faire pencher le navire gouvernemental à gauche. Mais sans Groen!, la nouvelle coalition sera minoritaire en Flandre ; difficile à défendre devant Bart de Wever.

Mais surtout, il reste à s’entendre sur un programme de gouvernement et des économies :8,5 milliards rien que pour 2012. Et là, le clivage gauche-droite remplacera l’affrontement Nord-Sud. Pas forcément plus simple. Mais la volonté d’aboutir et les très longs moments passés ensemble vont simplifier les choses. Cela fera bientôt 500 jours (le 26 octobre) qu’ils ne se quittent plus…

Philippe Walkowiak

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