Koen Geens: le CD&V sifflera trois fois

Prenons des nouvelles de Personne, alias Koen Geens, on l’a quitté hier seul sur son cheval, sifflotant vers le soleil couchant. Et le voilà déjà en difficulté. Les scénaristes aujourd’hui à Hollywood ne laissent pas s’installer la tragédie, il faut tout de suite de l’action.

Personne est flingué. Par son propre parti d’abord. C’est le Standaard qui raconte ce matin. Dimanche soir les pontes du CD&V se sont rencontrés. Des ministres, des chefs de groupes, des chefs de cabinet. Personne en a pris pour son grade. Le top du parti n’accepte pas qu’il ait accepté une mission du Roi sans consultation. Joachim Coens (le président sans harmonica mais à la veste à carreaux) n’a reçu qu’un seul coup de fil raconte le Standaard, pour le mettre au courant.

Le Roi a nommé Personne et pas le CD&V disait-on déjà hier. Ça se confirme aujourd’hui et le CD&V revient en ville pour se venger. Bref un grand classique du Western. Du genre le train sifflera trois fois. Un bijou du genre ou le shérif Gary Cooper se retrouve bien seul face à quatre brigands qui débarquent avec le train de midi.

Recadrage de Saloon

Tout se passe à l’intérieur du Saloon. Mais tout de même. La réunion a fuité. Le CD&V à bien sifflé trois fois. D’abord Personne est sommé de s’en tenir à la ligne du parti. Avec la N-VA et rien d’autre. Du bœuf bourguignon et pas de quatre saisons. Ensuite Personne comptait prendre son temps. Le CD&V lui enjoint de terminer rapidement. Pour le 10 février. Enfin, Personne est sommé de la jouer plus collectif et de faire rapport désormais au parti.

Le voilà recadré. A travers lui c’est surtout le Palais qui passe un sale quart d’heure. Le Roi est contredit par un parti, par n’importe lequel, le CD&V dont il a historiquement toujours été proche. Le Palais a pris un risque. Il est désormais au milieu de la fusillade. Personne est là pour le protéger. La tension monte, le règlement de compte final n’est pas loin.

Attention ! Là ! Sur le toit !

Voilà le Palais et Koen Geens/Personne en grande difficulté, d’autant plus qu’il n’y a pas qu’au CD&V qu’on tire sur lui. Un tireur est caché sur le toit du Saloon, Winchester en main. C’est Bart de Wever bien sûr. Jouer sur les nerfs du CD&V c’est, il faut bien l’avouer, un sport dans lequel il excelle.

"Je me tenais à Bruxelles avec des chaussures (des santiags ndlr) cirées prêtes à aller chez le roi, car tous les présidents avaient souligné que c’était à moi de décider. Mais les choses se sont passées différemment.”

 

De Wever à la manœuvre, exactement ce qu’attendait le CD&V, mais Personne s’est mis en travers du chemin. De quoi rendre ses adversaires/partenaires à moitié fous. D’autant que Bart de Wever laisse entendre qu’avec le PS ça se passait vraiment bien. Mais que c’est désormais du côté du MR, de Georges Louis Bouchez, l’unitariste, que ça bloque sur les réformes institutionnelles. Du Bluff certainement. Mais enfin, le bluff fait monter la pression sur tout le monde et sur Personne en particulier.

Et puis rien de tel que de placer un ultimatum. Le mois de mai, un an après les élections :

S’il ne se passe rien, l’appel à de nouvelles élections sera peut-être inévitable

Jouer sur le temps. C’est la base d’un scénario. La scène finale se dessine. La question c’est de savoir qui va jouer le mauvais rôle. Pour l’instant… Personne.

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