Juste une question de poche

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Les négociations budgétaires vont pouvoir bientôt commencer (sans rire !). 508 jours après les élections, trois semaines après l’entame des négociations sur la formation d’un futur gouvernement et la délicate confection du budget 2012, c’est retour à la case départ : quelles sont les économies que chacun suggère ?

Le formateur avait entrepris le même exercice quand il a pris ses fonctions en mai dernier et lorsqu’il a réduit à 6 le nombre de partenaires autour de la table. Mais pour l’instant, chacun a soigneusement évité de montrer son jeu et à quel sacrifice il était prêt à consentir.

Sur le plan budgétaire, la seule chose engrangée, c’est désormais l’objectif : 12 milliards d’économies en 2012 dont 11,3 à charge du seul budget fédéral. Les libéraux voulaient voir les Régions, Communautés, Provinces, villes et communes contribuer plus largement. Finalement, si il y a un effort supplémentaire, c’est simplement parce que les entités fédérées entendent respecter le pacte de stabilité européen mais la part qu’elles y prennent ne sera pas plus élevée : chacun gardera la même part d’effort à fournir pour 2012.

MR d’un côté, PS-cdH de l’autre, chacun jouera sur les mots pour dire qu’il n’a pas cédé mais il faut bien constater que l’effort demandé au fédéral n’a globalement pas changé. La Wallonie et la Flandre remettront tout cela au prochain contrôle budgétaire.

Après avoir tenté de "charger" les budgets régionaux, le MR va devoir montrer comment il entend économiser ces quelques 11 milliards au fédéral. Certes, la prolongation des mesures actuelles permettra de trouvera au moins les 3 premiers milliards mais après, ce sera beaucoup plus dur.

Les libéraux vont devoir lister les économies fédérales à réaliser (et là, pas question de "catalogues des horreurs", les libéraux y sont au pouvoir, et notamment aux Finances, depuis 12 ans !) sans augmenter comme ils le souhaitent la pression fiscale. L’exercice s’annonce ardu, d’autant que les autres formations, après les tensions des derniers jours, ne seront guère conciliantes. Pour le MR, le cap est important : il doit prouver que le prochain budget, le futur programme gouvernemental, porte sa marque après avoir dû faire d’énormes sacrifices (la fin du cartel avec le FDF et la perte du leadership à Bruxelles) sur le volet communautaire.

Mais en fin de compte (sic), pour le citoyen, tout cela ne changera pas grand-chose : peu lui importe sans doute de savoir si on prendra les économies dans sa poche fédérale ou dans sa poche régionale…

Philippe Walkowiak

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