"Je suis ton père"

Le barbecue de la discorde
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Bertrand Henne nous parle de l'affaire Boël. Une affaire qui aurait finalement des rapports avec le monde politique.

Alors oui, absolument oui. Car ce qui est en jeu ici c’est une certaine idée de la fonction royale, et la fonction royale, dans une monarchie c’est évidemment un enjeu politique. Même si cet enjeu est moins important que ce que laisse croire la couverture médiatique…

Pourtant c’est une histoire privée, et Albert 2 n’est plus en fonction.

Oui, c’est une affaire privée et d’ailleurs, si ce genre de chose était arrivée à un homme politique, on n’en parlerait pas ou très peu. Les médias ont globalement presque toujours gardé une ligne stricte entre vie privée et vie publique… Les amourettes de François Hollande avec Julie Gayet n’ont pas d’équivalent chez nous. Si ce n’est les amourettes du Roi Albert 2… Et globalement, d’ailleurs, la famille royale, dont la vie privée n’existe pas, de la rentrée à l’école du gamin, à la dépression du petit frère, ce qui n’est pas mis en scène par le palais l’est par les médias…

Pourquoi pour le roi, c’est différent des politiques ?

Pour une raison simple liée à la monarchie même, c’est que la famille, donc une large part de la vie privée, est consubstantielle du système. Oui, la Belgique est une entreprise familiale. Elle tourne, cette petite entreprise, grâce à la capacité des membres de la famille à assurer une descendance et à tenir ce petit monde bien droit. Reste aussi, et c’est ce qui à changé depuis 20 ans, à mettre en scène tout ça, à communiquer pour légitimer le système auprès des citoyens… Comme au Royaume Uni, ou aux Pays-Bas…

Et voilà donc qu’un grain de sable se glisse dans cette petite entreprise…

Oui, et un grain de sable qui vient saper l’image de la famille parfaite immortalisée sur les boites de biscuit. Bon, pas de quoi paniquer pour le palais… Il suffit de regarder de l’autre côté de la manche pour comprendre que les histoires de couple du prince Charles et de Lady Di ont, en fait, renforcé la popularité de la couronne britannique. C’est donc bien une question d’image qui se joue. Si Albert 2 est condamné, il risque d’apparaitre comme un roi borné et insensible, et comme le chef d’une famille rongée par le non-dit et les querelles d’héritage… Ce risque de détérioration de l'image est réel, et avec lui, le risque de voir la fonction royale remise en cause aussi. De là à dire qu’il aurait dû, par sens de sa fonction au moins, tendre la main vers Delphine et lui dire "Je suis ton père "… Oui je sais que vous pensez à Dark Vador, et bien c'est par cette phrase que Dark Vador est devenu un méchant attachant... Et est au fond devenu un personnage de légende plus sympathique que repoussant. Et oui, au fond, tout ça c'est une question d'image.

 

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