IVG : le CD&V à charge de revanche

IVG : le CD&V à charge de revanche
IVG : le CD&V à charge de revanche - © Tous droits réservés

Les articles de la proposition de loi visant à élargir les conditions d’accès à l’IVG ont été votés en commission Justice de la Chambre. Le CD&V s’y oppose toujours fermement. Certains démocrates chrétiens flamands laissent entendre que ça pourrait compliquer la formation d’un nouveau gouvernement. Hier, le chef de groupe du CD&V, Servais Verherstraeten, a fait directement référence aux négociations menées par Paul Magnette. Il dit :

Chacun doit se reconnaître dans le programme de gouvernement pour avoir une majorité stable.

Ce qui a l'air d'une banalité a été lâché en pleine conclusion du débat sur l’avortement par un parti courtisé pour faire partie du gouvernement fédéral. Cela n'a pas échappé à certains députés qui ont clairement parlé de chantage. La semaine passée, c'est le candidat à la présidence du parti, Joachim Coens, qui a clairement lié ce dossier à la participation à un gouvernement fédéral. 

Ce n’est pas acceptable de nous mettre hors jeu un jour et nous demander le lendemain de participer à un gouvernement. 

Menace en l'air?

Sous l’ancien gouvernement, le CD&V avait usé de sa position au gouvernement pour peser sur le sujet. La "dépénalisation" décidée par la suédoise était donc très partielle et toujours très encadrée. Elle fut très critiquée par les partisans de la dépénalisation complète.   

Ce qui se passe aujourd'hui est une forme de revanche du parlement. Une majorité de partis veut qu’on en revienne à l’usage récent, celui qui veut que les dossiers éthiques soient laissés à l’appréciation des parlementaires. Et il faut le rappeler, c’est un usage récent, il s’est imposé en 1990. Lors de la dépénalisation partielle de l’IVG, le CVP avait alors le poste de Premier ministre. Il était radicalement opposé à l’idée. Mais en février 1990, après des années de résistance, Herman Van Rompuy, alors président du CVP, lâche : 

Le CVP ne veut en aucun cas de nouvelles élections sur ce thème. Nous ne voulons pas la confrontation avec l'électeur dans ce domaine.

C'est la clef. La doctrine Van Rompuy libère le parlement. Le débat entamé en 1973 avec Willy Peers s'accélère et, quelques semaines plus tard, la dépénalisation partielle est votée. S'en suivra le refus du Roi Baudouin de sanctionner la loi et une éphémère crise de régime. Cette année-là, la Belgique laissera l'Irlande seul pays européen à interdire totalement l'interruption volontaire de grossesse. 

Or, c’est justement parce que les parlementaires craignent que cette doctrine Van Rompuy soit définitivement remisée aux oubliettes, qu’ils se pressent pour avancer avant qu'un gouvernement soit sur pied.


 

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