iTunes vs. Spotify, la bataille ne fait que commencer

Oui, cette année a vu quelques rebondissements spectaculaires. A commencer par l’opération policière d’une envergure sans précédent qui a abouti à la fermeture de Megaupload, le site de partage de fichiers accusé de favoriser le piratage. Mais son patron, le sémillant Kim Dotcom, ne s’avoue pas vaincu. Il a confirmé récemment sur Twitter son intention de lancer un service de streaming gratuit appelé MegaBox.

Le streaming permet d’écouter de la musique diffusée sur le net. C’est l’alternative au téléchargement tel que le propose iTunes d’Apple où les achats sont stockés sur un ordinateur ou dans le nuage.

Le streaming a réalisé une percée depuis l’alliance conclue entre Facebook et le suédois Spotify, le numéro un de ce mode de diffusion. Comme chez ses concurrents, l’allemand Simfy ou les français Deezer ou Qobuz, on peut choisir un morceau, un album ou un artiste et se constituer ses propres listes d’écoute. Soit gratuitement avec de la publicité, soit en payant. La version premium permet d’écouter sa musique sur un appareil mobile, même sans connexion à internet.

L’association entre un service musical et un réseau social, c’est une formule gagnante.

La musique a toujours été quelque chose que l’on partage volontiers entre amis. Encore faut-il que le réseau soit solide. ITunes a tenté de créer son propre réseau social, Ping, une des dernières évolutions présentées par Steve Jobs avant son décès. C’est un échec et Apple devrait bientôt y mettre fin.

Actuellement, iTunes est toujours, et de très loin, le principal contributeur de l’industrie musicale. Mais selon Business Insider Spotify est devenu la deuxième source de revenus pour les labels musicaux. Récemment, un de ses investisseurs de la première heure pronostiquait que d’ici deux ans, Spotify aurait dépassé iTunes. Même si des artistes pensent qu’ils n’y trouvent pas leur compte.

En tout cas, il multiplie les nouveautés qui pourraient aussi gêner d’autres acteurs. A partir de la sélection d’un titre ou d’un artiste, son service appelé Radio permet l’écoute de morceaux similaires en continu et donc aussi de faire des découvertes. Un flux que l’utilisateur peut influencer en indiquant qu’il apprécie ou non certains morceaux proposés. Le nom radio n’a pas été choisi au hasard. En ligne de mire, on trouve bien sûr les radios musicales. La présence d’un animateur sera-t-elle suffisante pour contrer cette offensive ? C’est la question. Radio, écrit RDIO, c’est d’ailleurs aussi le nom d’un autre service de streaming américain qui commence à arriver en Europe. Dans la foulée de l’évolution des habitudes, nous sommes peut-être aussi à la veille d’une mutation du sens de ce mot.

Alain Gerlache

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