Grèves: c'est aussi à Anvers que cela se décide

Grèves: c'est aussi à Anvers que cela se décide
Grèves: c'est aussi à Anvers que cela se décide - © Tous droits réservés

Première grève tournante avec un véritable test: la mobilisation en Flandre et singulièrement à Anvers. Pour les syndicats, c'est un succès qui vient surtout contredire les prédictions alarmistes du bougmestre/président de parti, Bart De Wever.

Le bourgmestre d’Anvers avait prédit le pire, le président de la N-VA doit bien constater que la grève en Flandre a non seulement était largement suivie mais aussi s’est déroulée dans le plus grand calme, le déploiement de forces autour de son domicile s’est avéré bien inutile, si pas surdimensionné.

Prédire le pire ou le souhaiter ?

Bart De Wever avait annoncé la venue d’hooligans du football, de métallos wallons pour venir " casser " à Anvers. Rien de tout cela ne s’est produit, même si du côté syndical, on craignait des provocations.

Jan Jambon, ministre de l’Intérieur mais surtout N-VA et Anversois (bourgmestre de Brasschaat) avait annoncé qu’il craignait les mêmes débordements qu’à Bruxelles lors de " manifestations " à Anvers ce 24 novembre… alors que les syndicats n’avaient annoncé aucune manifestation !

A Anvers, pour un simple jour de grève, le bourgmestre (avec la bénédiction de son fidèle ministre de l’Intérieur) avait fait déployer plusieurs autopompes, de nombreux policiers casqués.

La presse flamande peut ironiser au lendemain de la grève sur ce vain déploiement de force qui donne presque l’impression que le leader nationaliste regretterait que tout ait été trop calme.

Suite politique

Ces grèves ne feront très probablement pas fléchir la détermination de la N-VA à mener les réformes annoncées à bien. Celles-ci ont la bénédiction du VOKA (le " véritable patron " du président de la N-VA) mais aussi des entrepreneurs du port d’Anvers.

Bart De Wever sait que les mouvements sociaux ont rarement détourné les gouvernements de leurs mesures impopulaires ; après les grèves de 60, après les Val-Duchesse de Martens-Gol, le plan global de Dehaene-Di Rupo, le pacte des générations de Verhofstadt-Onkelinx, l’essentiel des mesures a été maintenu…au nom de l’assainissement budgétaire. Pour que cela passe, une seule condition doit en fait être rencontrée : qu’il n’y ait pas d’élections à court terme.

Bart De Wever parie sur un essoufflement du mouvement, surtout en Flandre, comme ce fut souvent le cas. Il escompte peut-être aussi qu'une certaine violence ne rende le mouvement impopulaire.

L’ampleur et le calme de la mobilisation ce 24 novembre à Anvers viennent peut-être contrecarrer ses plans. Mais ce n’est sans doute que partie remise.

 

Philippe Walkowiak

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