Grand Prix de Francorchamps : ça sent l'arrêt au stand !

RTBF
RTBF - © RTBF

A la faveur d'une décision du conseil d'État, le lourd dossier de Francorchamps est une nouvelle fois revenu au devant de l'actualité. L'instance a annulé le permis d'exploiter délivré en 2007 par le ministre Antoine. Une cabriole supplémentaire dans une histoire où les volte-face ne se comptent plus.

S'il existait quelque part une compilation des décisions politiques sur le thème "Francorchamps", on aurait tôt fait d'y découvrir la métaphore d'une voiture de luxe brillamment pilotée, surprise par un lapin traversant la chaussée et qui part de travers, aboutit sur le bas côté, croit sortir du bac à sable et finalement rejoint les stands à moitié esquintée avec, derrière le volant, un pilote dégoûté et à deux doigts de jeter l'éponge ! Le dérapage initial, c'est en 1997 et le lapin, c'est la loi qui interdit la publicité pour le tabac, source de financement majeur pour la Formule 1.

Cette histoire est en fait l'illustration d'un type de gestion politique de plus en plus répandu : celui qui consiste à boucher les fuites, à piloter à vue avec en ligne de mire le «qu'en dira-t-on». Mais la voix populaire n'est pas toujours constante. Un jour, ce sont des félicitations à ceux qui refusent la publicité pour le tabac, le lendemain des horions à ceux qui privent les Wallons du Grand Prix et plus tard... un reproche sur le coût de la compétition.

Ceux des mandataires qui ont dansé cette valse à trois temps ont donc produit une législation opportuniste ficelée à la va-vite et aujourd'hui attaquée sur le plan légal. Une nouvelle fois (il est trop tard pour faire autrement), il va falloir naviguer à vue : retour au régime du permis d'exploiter de 2006, aménagements pour réduire les nuisances, conciliation avec les riverains, réintroduction d'un nouveau permis...

Heureusement, le port n'est plus loin : en 2012, le contrat Formule 1 arrive à son terme. Et on sent bien, dans les signes que donne la nouvelle coalition, qu'il y a fort à parier que ce jour-là, le gouvernement arrêtera les dépenses, poussé en cela par des citoyens lassés de financer la compétition au prix de coupes claires dans leur pouvoir d'achat. Il se trouvera même sans doute quelqu'un pour affirmer qu'avec les dizaines de millions engloutis dans l'opération, on aurait pu faire une campagne publicitaire pour la Wallonie autrement plus efficace qu'un Grand Prix de Formule 1.

Ironie de l'histoire : c'est désormais un Écolo - en délicatesse depuis 1997 avec la Formule 1 - qui gère le dossier et qui se chargera vraisembablement d'annoncer la fin des frais !

(C. Defoy)

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK