Facebook fait marche arrière sur la reconnaissance faciale en Europe

C’est un système qui permet à Facebook de reconnaître les gens qui figurent sur une nouvelle photo en la comparant avec des clichés plus anciens.  Concrètement, si je poste une photo de ceux qui se trouvent dans ce studio, Facebook va " reconnaître " ceux qui étaient déjà identifiés dans d’autres albums et me suggérer d’indiquer leur nom, de les taguer comme on dit. Un dispositif qui selon ses opposants s’apparente à une forme de flicage : même quelqu’un qui ne vous connaît pas mais vous photographie en rue pourra savoir qui vous êtes et avoir éventuellement accès à votre profil. C’est vrai qu’il y a un contrôle possible mais le système suppose la création d’une énorme banque de données qui croise tous les renseignements collectés à propos des membres du réseau.

D’où les critiques que cela a suscité en Europe lors de son lancement l’an dernier

Oui, et particulièrement en Allemagne où on est très sensible à tout ce qui s’apparente au fichage des citoyens. Mais ce sont tous les organismes européens de protection de la vie privée qui ont mandaté leurs homologues irlandais d’entamer des négociations avec Facebook dont le siège européen est à Dublin. Un communiqué conjoint publié vendredi dernier indique que Facebook a " accepté de suspendre " son outil de reconnaissance faciale dans l’Union Européenne. Le réseau s’engage à " travailler pour trouver la façon appropriée d'obtenir le consentement des utilisateurs pour ce type de technologie selon les règles européennes ".

Ce n’est pas une marche arrière totale

Non. Ca s’inscrit dans un rapport plus vaste publié par l’autorité irlandaise souligne que Facebook a, je cite " pleinement mis en œuvre la grande majorité " de ses recommandations en matière de confidentialité. Un satisfecit que dénonce le collectif L’Europe contre Facebook qui a été lancé l’an dernier par un étudiant autrichien, Max Schrems. Il avait découvert que le réseau disposait de 1200 pages d’informations sur lui-même, celles qu’il avait supprimées. Vous vous en souvenez, nous en avions parlé ici. Le groupe considère que les engagements de Facebook ne vont pas assez loin et qu’aucune sanction n’est prévue en cas de non-exécution.

Tout cela contribue à entretenir l’ambigüité qui caractérise Facebook. Un énorme succès confirmé par un sondage publié par le Parisien Magazine : entre 26 à 29 millions de Français se sont inscrits sur Facebook. Mais 30% d’entre eux disent qu’ils ont une mauvaise image du réseau social.

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