Et maintenant?

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La manifestation nationale en front commun a donc eu lieu. Côté syndical, on parle de succès; côté gouvenemental, on parle de concertation. Au milieu, toujours les mêmes mesures qui divisent.

Les syndicats ont donc réussi leur première mobilisation, en tout cas au point de vue du nombre. Pour le reste, chacun à ce stade, campe sur ses positions et on s’en tient au calendrier prévu.

Concertation…

Alors que généralement, les syndicats sont reçus par le seul Premier Ministre au 16, Charles Michel a tenu à être accompagné de ses vice-premiers. Affirmation d’une solidarité gouvernementale ou crainte de paraître isolé ? Pas de véritables réponses mais une première rencontre officielle a bel et bien eu lieu, même si les représentants syndicaux ont été reçus discrètement par Charles Michel, il y a peu.

A la Chambre, interrogé par des députés, le Premier Ministre a rappelé sa détermination à réaliser les économies prévues et mener les réformes prévues. Il a aussi toutefois laissé entendre qu’il y avait une place " immense " pour la concertation, même si on ne voit pas à ce stade ce qui peut être négocié.

… ou pas ?

Les syndicats ont toujours combattu farouchement le saut d’index ou le report de l’âge légal du départ à la retraite. Ce n’est certainement pas pour éventuellement en négocier les modalités et il est illusoire d’imaginer la N-VA revenir sur ces deux mesures emblématiques, qui plus est, ravissent le patronat tout autant que la baisse de l’impôt des sociétés. Demander à la FGTB de négocier cela c’est un peu comme espérer que la N-VA participe à une réforme de l’Etat qui supprimerait les Régions et Communautés pour un seul état national qui coûterait pourtant bien moins cher !

Le gouvernement fédéral et les patrons auront beau jeu de dire que les syndicats refusent la concertation. De toute façon, Bart De Wever a déjà prévenu : il n'y a pas d'alternative à notre politique. Nous devons maintenant persévérer et créer des perspectives pour les gens. D'autres pays qui nous ont précédés sont aussi passés par ces moments difficiles. (Sur la NOS, après la manifestation). Comme pour Jambon et Francken, " circulez, il n’y a rien à voir ! " Pas vraiment les bases d’une concertation sereine.

L’agenda des actions sera maintenu et on peut d’ores et déjà s’attendre à ce qu’elles reprennent après la trêve de Noël. Et d’aucuns d’espérer que cela s’essouffle plus vite au Nord qu’au Sud, avec tous les effets confédéralistes que cela aura. L’historien De Wever se souvient de comment la grande grève de l’hiver 60 s’est terminée…

 

Philippe Walkowiak

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