Et maintenant, on fait quoi?

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le PS a pris tout le monde de court: des alliances avec le CDH en Wallonie et avec le CDH et les FDF à Bruxelles sont pratiquement scellées. La formation d'un gouvernement fédéral va s'en trouver perturbée.

Le Parti Socialiste a donc subitement accéléré son agenda. Au lendemain de sa visite à l’informateur royal, Bart De Wever ; ce n’est pas un hasard.

Il apparaît que du côté socialiste, on semble s’être rendu compte qu’une coalition de centre-droit restait l’option privilégiée de l’informateur et que celui-ci ait reçu le renfort de Kris Peeters pour tenter d’amadouer/séduire le MR et le CDH. Les démocrates-humanistes émettaient malgré tout quelques réticences.

Un tien vaut mieux…

Sentant le pouvoir potentiellement lui échapper, le PS a donc convaincu le CDH de prolonger les alliances vieilles de 10 ans déjà. Les Démocrates-Humanistes retrouvent donc un environnement connu, évitent de monter dans un gouvernement où ils auraient été… l’extrême-gauche ( !) et surtout de fâcher le PS qui l’aurait fait " payer " d’une manière ou d’une autre.

Dans le système belge, le MR l’a oublié, le gagnant ce n’est pas celui qui progresse le plus mais celui qui arrive à former une majorité. Charles Michel avait organisé un putsch pour renverser à la tête du parti Didier Reynders jugé trop "arrogant" et incapable de sceller des alliances en ménageant certains adversaires, comme son père Louis avait su le faire en 1999, cela semble raté.

Le CDH a donc joué la sécurité et emboîté le pas à un Parti Socialiste soucieux de bétonner sa situation dans les régions où il est arrivé en tête et ainsi de faire ce qu’il avait annoncé : mettre sur pied des majorités les plus à gauche possible.

… que deux tu l’auras

Mais cette nouvelle donne perturbe la mise sur pied d’un gouvernement fédéral. La Flandre politique a également été prise de court. On l’a vu de suite quand CD&V et Open-VLD, qui négocient par ailleurs un gouvernement fédéral de centre-droit avec la N-VA, ont mis un halte-là au gouvernement bruxellois. Sans doute un élément qui permet de croire que la mise sur pied d’un gouvernement sans le PS était en gestation, d’où l’emballement socialiste.

Mais si ces deux partis pointent des difficultés à gouverner avec les FDF, ils n’y voient aucune impossibilité.

Désormais également, la N-VA pourra avancer en Flandre puisque le PS a fait volte-face et n’attend plus que la situation se décante au fédéral pour avancer en régions. La tripartite traditionnelle se justifie aussi beaucoup moins et les nationalistes ont désormais les coudées franches puisque les francophones n’ont pas fait le choix d’une tripartite à tous les étages.

Rien ne s’oppose plus à une coalition N-VA – CD&V (les libéraux ne sont pas numériquement nécessaires) menée par Lisbeth Homans, qui a de plus, battu Kris Peeters sur ses terres, contrairement à ce que beaucoup d’observateurs (surtout francophones…) annonçaient.

Mais le MR l’a pointé du doigt : la Belgique est entrée sans fard dans une logique confédérale. Contrairement à ce que prétendent quelques faux naïfs, il y a bien deux démocraties dans ce pays. Et le prochain gouvernement sera le fruit de cette logique. Bart De Wever n’a pas tout à fait perdu sa journée, ce 5 juin…

 

Philippe Walkowiak

 

 

 

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