Espagne: Vox, le parti d'extrême-droite capitalise sur l'antiféminisme

Espagne: Vox, le parti d'extrême-droite capitalise sur l'antiféminisme
Espagne: Vox, le parti d'extrême-droite capitalise sur l'antiféminisme - © Tous droits réservés

Les élections législatives en Espagne indique une percée importante du parti d’extrême droite Vox, un parti ouvertement anti féministe fondé en 2013. Vox a connu un succès fulgurant ces derniers mois et est passé de 3600 à 36 000 adhérents en l’espace de deux ans. Ce parti s’inspire d’une communication sauce Trump, débridée, et sans limite dans la provocation, affichant un discours violemment xénophobe et antiféministe. Vox a déjà réussi à obtenir 11 % des voix et 12 sièges au parlement régional lors des dernières élections en Andalousie. Pour les élections législatives de ce dimanche, il franchit la barre des 10% et fait une entrée à la chambre des députés. Préoccupant notamment par sa volonté de contrer le mouvement féministe espagnol. Dans les grandes lignes, pour ce parti proche de l’Église espagnole, la messe est dite : ce parti réclame dans son programme national l’exclusion des interruptions volontaires de grossesse (IVG) du système de santé publique, la suppression des quotas paritaires sur les listes électorales et des "organismes féministes radicaux subventionnés".

Un parti qui veut remettre en question la lutte contre les violences sexistes

Pour ces violences sont considérées comme cause nationale et font consensus. La loi pionnière contre ce phénomène qui tue, selon les statistiques officielles, environ 50 femmes par an, avait été adoptée en 2004 à l’unanimité par le parlement. Chaque féminicide par son conjoint ou ex-conjoint est largement couvert dans les médias et condamné par la classe politique. Ainsi, ce parti, veut remettre en débat ce qui faisait consensus, renverser ce qui semble acquis face à un mouvement féministe qui s’est considérablement renforcé en Espagne. La grève pour l’égalité lors de la journée internationale des droits des femmes, le 8 mars 2019, a été extrêmement bien suivie. Plus de six millions de travailleurs et travailleuses ont fait grève, dans le sillage du mouvement #MeToo. Et le socialiste Pedro Sanchez avait formé début juin le gouvernement le plus féminin de l’histoire du pays, avec 11 femmes sur 17 ministres.

Retour de manivelle

Chaque fois qu’il y a eu des avancées dans la conquête des droits des femmes, il y a des réactions patriarcales importantes, violentes où l’on veut faire taire les femmes. La montée des extrêmes-droites en Europe a donné lieu à un retour sur la scène politique de discours qu’on croyait enterrés, vantant les mérites de la " famille traditionnelle ". Les femmes doivent se conformer à un modèle unique, les confinant dans la sphère privée dans le rôle de l’épouse soumise, la mère de famille. Ainsi Vox, est en faveur de l’allongement des congés de maternité et l’augmentation des allocations familiales pour les mères et ce n’est pas pour les beaux yeux des femmes mais pour leurs ventres. Les extrêmes-droites font la promotion de ce modèle de société qui dénie aux femmes leurs droits et leur autonomie.

Vox n'est pas le seul parti à s'en prendre aux femmes en Europe

Le cas de la Pologne est emblématique, l’accès à l’IVG est devenu concrètement impossible avec les nouvelles lois de 2018 prévoyant son interdiction quasi-totale. Pareil pour la Hongrie qui suit le même chemin depuis l’accession d’Orban au pouvoir. En Italie, le gouvernement de Salvini, poursuit une politique nataliste avec des incitants au mariage traditionnel catholique. Ces changements de lois vont de pair avec une régression sur le plan des idées, à savoir une vision rétrograde de la place des femmes et de leur statut. D’ailleurs, le mot femme disparait des documents de politiques publiques, au profit du mot : famille. Cela vaut aussi pour le parti Vox en Espagne.

@safiakessas

 

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK