En Géorgie, Mikheïl Saakachvili, c'est fini

La Géorgie, petit pays du Caucase coincé entre la Russie et la Turquie, vient de vivre une élection présidentielle. Un scrutin qui marque surtout la fin de l'époque de Mikheïl Saakachvili.

C’est l’histoire d’un homme qui a connu une irrésistible ascension et qui vit aujourd’hui une chute vertigineuse. C’est comme cela que l’on peut résumer l’itinéraire du président sortant Mikheïl Saakachvili.

Après dix ans à la tête de la Géorgie, le héros de la "révolution des roses" va donc quitter la scène politique. Mais, il pourrait vite se trouver sous le coup de poursuites judiciaires. Preuve de la gravité de la situation, les Etats-Unis et ses proches conseillers l'encouragent à s'expatrier très loin de la Géorgie.

Saakachvili encouragé à quitter le pays

Tous les malheurs de Mikheïl Saakachvili viennent de son pire ennemi, Bidzina Ivanishvili, qui est l’actuel premier ministre géorgien. C'est est l’homme le plus riche du pays. Cet oligarque, qui a fait fortune en Russie, a tout fait pour dégommer Saakachvili. Et, sa mission a réussi. Il pourra désormais tirer toutes les ficelles du pays. Car, c’est son poulain, Guiorgui Margvelachvili, qui vient de remporter la présidentielle.

Du coup, l’étau se resserre autour de Mikheïl Saakachvili. Ces derniers mois, plusieurs de ses proches alliés ont été arrêtés. Un tribunal vient de condamner l’un de ses anciens ministres à trois ans de prison. C’est une première. Le prochain sur la liste pourrait être Saakachvili.

Un bilan mitigé

Lors de la "révolution des roses" en 2003, la révolution pacifique qui a renversé au renversement du président Edouard Chevardnadze, Mikheïl Saakachvili avait conquis les cœurs de ses compatriotes et des pays occidentaux. Avocat formé en France et aux Etats-Unis, il avait promis de réformer en profondeur la Géorgie. Il voulait aussi rapprocher cette ancienne république soviétique de l’Europe et de l’Otan.

Dix ans sont passés, et après deux mandants à la tête du pays, l’homme est usé par le pouvoir. On lui reproche notamment son autoritarisme, les mauvais traitements dans les prisons, ses entorses à la liberté de la presse, et son amateurisme lors de la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008. Dans le même temps, Saakachvili a réussi à relancer l’économie de son pays, à développer les infrastructures, et à endiguer la corruption.

Aujourd’hui, l’avenir de Saakachvili n’est pas en Géorgie Pour sauver sa peau, il doit quitter son pays. Certains craignent un mauvais remake géorgien de l'affaire Ioulia Timochenko. L’ancienne première ministre d’Ukraine qui est toujours derrière les barreaux.

Nicolas Willems

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