En Corée du Nord, purge et allégeance à Kim Jong-Un

En Corée du Nord, quand on ne veut plus voir quelqu’un, on s’en débarrasse. C’est ce qui s’est passé après l'arrestation, le procès express et l'exécution de l'oncle du jeune dirigeant Kim Jong-Un.

Chang Song-taek a été tué la semaine dernière pour avoir trahi la nation. Âgé de 67 ans, il était pourtant considéré comme la deuxième personnalité la plus puissante du pays. A la tête des services de sécurité et de justice, il était l’un des hommes les plus craints du régime. C’était le mentor de l’actuel dirigeant âgé à peine de 30 ans.

Kim Jong-Un écarte la vieille garde

Le régime nord-coréen a justifié cette exécution en invoquant une tentative de coup d'État. La réalité paraît plus complexe. Pour certains, c’est un signe de fébrilité du jeune dirigeant. Pour d’autres, cette purge est le signe de luttes intestines au sommet de l'Etat. C’est aussi une manière de conforter Kim Jong-Un comme seul et unique dirigeant.

Le régime nord-coréen va très loin dans sa logique. Toutes les traces de Chang Song-taek ont été supprimées. Des milliers d'articles contenant son nom ont été détruits. Les photos officielles du numéro deux ont été modifiées parfois de manière maladroite pour effacer sa présence. C’est une manière de réécrire l'histoire à la sauce nord-coréenne. Ce qui permet d'asseoir définitivement Kim Jong-Un dans son fauteuil de dirigeant.

Inquiétude de la communauté internationale

Washington et Séoul craignent d’éventuelles provocations du régime nord-coréen. Il faut rappeler que la Corée du Nord est dotée de l’arme nucléaire. Pour sa part, la Chine, seul soutien de poids du régime de Pyongyang, est de plus en plus agacé par l’attitude des dirigeants nord-coréens. Les Chinois appréciaient Chang Song-taek. Il était perçu comme un modéré capable de renforcer les relations entre les deux pays.

Cette exécution et cette purge inquiètent également en Corée du Nord. L’emprise du régime risque encore de se renforcer sur la population. Dans le même temps, de nouvelles provocations de la Corée du Nord pourraient provoquer de nouvelles sanctions internationales. L'année 2014 s’annonce très mal pour les Nord-Coréens.

Nicolas Willems

 

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