Elio et ses 12 apôtres

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

13 à la table du conseil des ministres, tous les vendredis. Elio Di Rupo n’est visiblement pas superstitieux mais il pourra toujours convier l’un ou l’autre des nombreux secrétaires d’Etat.

En 1973, on avait raillé le gouvernement tripartite d’Edmond Leburton (l’autre socialiste wallon locataire du 16, rue de la Loi) sous le quolibet des "36 chandelles" parce qu’il se composait de 22 ministres et 14 secrétaires d’Etat. Mais à l’époque, les exécutifs régionaux et communautaires n’existaient pas. Avec les 31 ministres régionaux et communautaires (9 Flamands, 8 Wallons, 2 Communauté Française, 8 Bruxellois et 4 Germanophones), la Belgique dispose de 50 ministres.

Il est clair qu’au fédéral, une série de compétences sont quasiment vides.

L’énergie, la mobilité, l’environnement, l’économie, l’agriculture ou la famille sont, pour l’essentiel, gérés au niveau régional ou communautaire mais disposeront d’un ministre ou secrétaire d’Etat au fédéral. Dans les années 90, le gouvernement Dehaene se limitait à 15 ministres et 1 secrétaire d’Etat.

Mais la tripartite est passée par là ; chacun des 6 partis se devait bien entendu d’être représenté. Les libéraux, malgré une lourde défaite électorale, s’en tirent très bien dans la répartition des portefeuilles ministériels. Le PS a visiblement dû "payer" le poste de Premier Ministre en ne gardant que les seules affaires sociales comme compétence "stratégique".

Les francophones s’offrent par contre une "revanche" sur la représentation extérieure de la Belgique en associant un explosif duo Di Rupo-Reynders pour défendre l’image du Royaume à l’étranger.

Cela semble un signe des temps. Ce nouveau gouvernement ne doit son existence qu’au soutien massif des partis francophones  puisqu’il est dans le même temps minoritaire en Flandre. Il n’offre aussi aucune réelle nouveauté au sud du pays : toutes les Excellences francophones (sauf Elio Di Rupo) sortent du gouvernement Leterme; Didier Reynders est ministre depuis 12 ans, Laurette Onkelinx depuis bientôt 20 !

Le nouveau gouvernement disposera de beaucoup d’expérience avec à sa tête un Premier Ministre qui accède certes pour la première fois à la fonction suprême, mais à un âge (60 ans) plus élevé que presque tous ses prédécesseurs[1].

Toute cette expérience contraste avec le relatif jeune âge des présidents des partis qui ont négocié la formation du gouvernement.

La nouveauté viendra seulement du changement d’affectation de la plupart des ministres. Puisse la nouvelle équipe y trouver le dynamisme que requiert l’immense tâche qui l’attend.

Philippe Walkowiak


[1] Herman Van Rompuy est devenu Premier Ministre à 61 ans, Jean-Luc Dehaene à 51ans, Wilfried Martens à 43 ans ou encore Edmond Leburton à 58 ans.

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