Elio Di Rupo: ce n'est pas qu'un au revoir

C'est une page qui se tourne, Elio Di Rupo n’est plus candidat bourgmestre à la ville de Mons. Après trois mandats, Elio Di Rupo annonce qu’il ne sera pas tête de liste et donc plus candidat bourgmestre. Pour deux raisons, explique-t-il : parce qu’il doit se consacrer à la présidence du PS, et parce qu’il veut laisser la place à la jeune génération. Entendez Nicolas Martin, 42 ans, premier échevin, premier de classe et ultra favori depuis plusieurs années à la succession d’Elio Di Rupo.

Di Rupo plus jamais bourgmestre ? 

Non, ce n’est pas encore certain. En attendant une communication explicite de sa part disant qu’il renonce à tout nouveau mandat à la tête de la ville, il convient de rester prudent. Pourquoi ? Car il annonce vouloir pousser la liste. Or, la loi en Wallonie prévoit que le bourgmestre est celui qui à fait le plus de voix de préférence sur la liste la plus importante de la majorité. Si Elio Di Rupo fait plus de voix que Nicolas Martin, il peut devenir bourgmestre. Et il n'a pas fermé cette porte. Au contraire même.

Un peu de Dirupologie s’impose. Voici ce qu’il dit dans les journaux du groupe Rossel – chaque mot compte : "Il revient désormais à la tête de liste de prendre son destin en main, et le destin de Nicolas Martin est de devenir bourgmestre de Mons. Il lui revient d’en avoir le désir et de prendre ses responsabilités pour concourir et gagner. C’est lui qui doit faire ses preuves, qui doit travailler pour y arriver. "

Bref, pour être bourgmestre il doit d’abord gagner ! On peut lire ça comme ça…

Se ménage une retraite... vers la retraite

Cela dit, Elio Di Rupo cède quand même le flambeau (sans jamais dire jamais). Il se dirige sans doute vers une candidature comme tête de liste à l’Europe en 2019. Ce qui après Mons signifierait aussi qu’il passera le flambeau à la tête du PS. Elio Di Rupo, prend donc lentement le chemin progressif de la fin de carrière, mais sans se couper définitivement la possibilité de faire marche arrière. Pour Mons, pour le PS, pour la politique belge, c’est le début d’un tournant.

Et maintenant à Mons ? 

Le coup d'Elio Di Rupo est éminemment tactique. En s’effaçant, il met à mal le principal argument de campagne de la liste Mons en Mieux de Georges-Louis Bouchez et d’Opaline Meunier : l'alternance générationnelle (les jeunes contre le vieux bourgmestre Elio Di Rupo). Avec Nicolas Martin, quadra fringant, c'est une autre campagne qui commence à Mons.

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