Ecolo: l'histoire se répète?

Ecolo: l'histoire se répète?
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Pour Ecolo, les années en 9 sont généralement des années de victoire. Ecolo a des cycles. Depuis 20 ans, il gagne environ un scrutin régional et européen sur deux. 1999, 2009, avec des scores proches de 18% en Wallonie et de 20% à Bruxelles, Ecolo monte au pouvoir. En 2019, les sondages montrent qu’Ecolo est en train de renouer avec cette fourchette haute. Quel point commun entre ces trois moments 1999-2009-2019 ? De manière évidente, il y a une usure du pouvoir en place et Ecolo parvient à incarner la figure de l’alternative. En 1999, le gouvernement Dehaene est usé par l’affaire Dutroux et la dioxine. C'est un contexte fédéral, les verts gagnent au nord et au sud. Ils montent au pouvoir partout. En 2009, nouveau contexte. Il n'est favorable que côté francophone. Le PS est usé par les affaires de la Carolo et la figure de Jean-Michel Javaux tire les verts francophones. Au nord, Groen ne gagne pas. Seul Ecolo monte au pouvoir dans les régions. Mais si cette figure de l’éternel opposant permet à Ecolo de gagner un scrutin sur deux, le pouvoir lui fait perdre également un scrutin sur deux. Les années en 4 sont très mauvaises, 2004-2014. On verra pour 2024 si Ecolo est amené à prendre des responsabilités.

2019 comme 1999 ?

Alors c’est évidemment toute la question. Est-ce que l’histoire se répète pour Ecolo? Les parallèles ne sont pas si évidents. Que retrouve-t-on? Le contexte des affaires de 2009 côté francophone et l’usure du pouvoir de 1999. La crise de la dioxyne a été remplacée par la crise autour du pacte de Marrakech. Ecolo parvient une nouvelle fois à capter l'insatisfaction du moment. En particulier, la demande de plus de démocratie directe qui grandit chez de plus en plus de citoyens. C’est ce qui joue en premier lieu dans la "vague verte". Car Ecolo remonte dans les sondages depuis au moins deux ans. Les verts surfent d’abord sur cette promesse de renouvellement de la démocratie.

Une nouvelle génération d'écologistes?

Ce qui change par contre c’est la montée en puissance de la préoccupation environnementale avec les mobilisations climat comme catalyseurs et révélateurs du phénomène. La base environnementale, le noyau dur d’Ecolo a donc grandi. Entre 1999 et 2019, ce qui change c’est qu’Ecolo doit moins aux circonstances qu’à son idéologie. Autrement dit, la bataille des idées tourne en sa faveur. C’est une évolution de fond dans les préoccupations des Belges. Mais ces préoccupations sont parfois contradictoires et surtout de plus en plus polarisées. C’est le pari du sp.a qui accuse Groen de vouloir payer les politiques climatiques à coup de taxes sur les gens en particulier les plus précarisés. Ces attaques vont se multiplier. À 97 jours du scrutin, Ecolo doit assumer désormais la position inconfortable de quasi favori du scrutin. Et 97 jours c’est long. Bien assez long pour encore perdre.

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