Ecolo: futur perdant magnifique ?

Ecolo : futur perdant magnifique?
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Qu’est-ce qui pourrait freiner la vague verte ? Voilà la question que se pose tout le landerneau. Ecolo doit redouter le syndrome Alaphilippe, celui du perdant magnifique. C’est ce cycliste qui était en tête lors de la dernière Amstel Gold Race. Depuis 50 bornes, il est devant. Plus rien ne peut lui arriver. Et puis, il hésite, reprend un peu de force et là Vanderpoel fait un dernier kilomètre de folie et le coiffe sur le fil. Le syndrome Alaphilippe pourrait frapper les verts. Voici pourquoi.


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Un. Les sondages ont déjà plusieurs fois surestimé les verts et sous-estimé les partis de droite radicale ou extrême. Ce n’est pas qu’ils se trompent. C’est qu’il y a une différence entre les positionnements assumés devant un sondeur et le comportement dans l’isoloir.

Et ça, c’est un danger pour Ecolo. A force d’être annoncé grand gagnant à plus de 20%, Ecolo risque d’apparaître comme perdant même avec un très beau score de 15%. Ce sera l’inverse pour le PS ou le MR. A force d’être annoncés grands perdants, ils pourraient en perdant moins apparaître comme gagnants.

Deux. Les verts vont devoir gérer la résilience socialiste. Car les sondages défavorables ont déjà par le passé joué un rôle de remobilisation des électeurs. Elio Di Rupo s’en est même fait une spécialité. La remontada socialiste n’est pas à exclure du tout d’autant que la campagne de terrain bat son plein et que c’est sur le terrain, au corps à corps, que le PS est puissant.

Enfin trois, le rapport de force avec la famille socialiste. C’est l’un des enseignements des sondages. Les verts et les rouges vont se battre pour le titre de plus grande famille politique du pays. Et le PS part avec un petit avantage au fédéral. C’est ce que montre la projection en sièges de Pascal Delwit. Au fédéral, les socialistes auraient 31 sièges et les écologistes 28.

Décalage de priorités

Ecolo pourrait donc être coiffé sur le fil. Leur progression est pourtant liée à des vraies préoccupations de l’opinion publique : l’environnement et le climat. Oui mais ! Cela n’est pas si simple. Ecolo a commencé à remonter dans les sondages en 2016. Surtout grâce à l’affaire Publifin et puis le Samusocial. Comme en 1999 ou 2009 où les verts avaient su cartonner en disant vouloir faire de la politique autrement. Les préoccupations environnementales sont évidemment plus fortes aujourd’hui mais elles restent clivantes. Ainsi, quand dans notre sondage, on demande aux sondés s’ils souhaitent supprimer la voiture de société, 47% répondent non, 37% répondent oui. C’est d’autant plus vrai sur le cœur de cible électoral d’Ecolo : les jeunes. 60% des 18-30 ans ne veulent pas toucher à la voiture de société. On retrouve les mêmes divisions pour la taxation du kérosène ou, c’est un autre sujet, sur le tirage au sort de certains députés. Si la lutte pour le climat est largement consensuelle, les solutions prônées par Ecolo ne le sont pas.

Par contre, il y a consensus sur le retour à la pension à 65 ans. Il est même massif : près de 80% des sondés le souhaitent en Wallonie. La mesure est prônée par Ecolo mais surtout incarnée par le PS qui la défend depuis longtemps. Les socialistes peuvent donc se dire que leurs grandes promesses de campagne sont plus rassembleuses dans l’opinion que celles d’Ecolo. Le MR peut aussi espérer que son message sur « l’écologie punitive » finisse par ruisseler. Ça fait beaucoup de raison de rappeler que ce sondage effectué à un kilomètre de l’arrivée est loin, très loin d’avoir désigné les gagnants et les perdants.

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