Ecolo, au centre

Bertrand Henne
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Notre dernier sondage pointe une percée des verts au nord et au sud. L’autre enseignement, c’est le morcellement du paysage politique francophone. On commence à avoir un paysage à la flamande. Durant longtemps, quatre ou cinq partis végétaient entre 15 et 20%. Depuis quatre ans, la N-VA a changé la donne et a pris le leadership de cette flottille et le conserve. Mais le paysage politique flamand reste fragmenté, ce qui implique qu’aucune coalition à deux n’est sérieusement envisageable.

Les francophones connaissent désormais cette situation de fragmentation. À Bruxelles, quatre partis sont entre 15 et 20 %, le MR, le PS, Ecolo et DéFI. Le PTB et cdH ferment la marche en dessous de 10%. 

En Wallonie, c’est un peu la même chose, mais l’ordre est différent. Quatre partis sont entre 14 et 21% avec dans l’ordre PS-MR-Ecolo-PTB. Le cdH et DéFI ferment la marche en dessous de 10%. Une grande fragmentation qui confirme une évidence : les francophones n’ont plus de leaders.

La majorité MR-cdH est dénoncée

Le sondage montre, par exemple, que la nouvelle majorité wallonne MR-cdH emporte seulement 30% des voix. Cela dit, PS et cdH aurait eu le même score de défiance et même une grande alliance PS-MR n’atteindrait pas la majorité. 

C’est le deuxième enseignement, les partis traditionnels sont en crise, c’est une tendance majeure. Il faut donc y aller à trois, avec soit Ecolo, DéFI et le PTB, et encore c’est tellement fragmenté qu’il faut parfois quatre partis. Par exemple, la coalition FGTB, PS-Ecolo-PTB ne serait pas possible à Bruxelles et trop juste en Wallonie.

C’est le troisième enseignement, jamais depuis très longtemps, la gauche n’aura été à ce point divisée. Le PS reste devant mais dans un champ de ruine. Par contre, la concurrence fait progresser le score total de la gauche que ce soit au nord et au sud du pays.

Les verts sont donc les grands gagnants

Oui et pas seulement parce qu’ils performent dans ce sondage, mais parce que c’est un parti qui a refusé de choisir durant la crise de l’été. Il n'a pas choisi le camp du MR-cdH ni le camp du PS, et n’a traité personne d’infréquentable, même pas le PTB. C’est donc un parti non aligné et le seul qui est compatible avec tous les autres partis francophones. Autre élément, cette performance se réalise sur la seule marque "Ecolo" et pas sur les figures de proue du parti, qui à l’exception de Jean-Marc Nollet, sont absentes des classements de popularité. C'est autant une faiblesse qu'une force. 

Au bout du compte, avec un cdH aussi faible et un PTB aussi fort, Ecolo est devenu aujourd’hui le parti du centre. Désormais, Ecolo se retrouve effectivement au centre du jeu, au sens du parti pivot, le parti faiseur de roi, qui pourra peut-être décider du sort des coalitions, et imposer sa ligne.

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