Ecole : stupeur et déconfinement

Ecole : stupeur et déconfinement
Ecole : stupeur et déconfinement - © Tous droits réservés

Les élèves de maternelle et de primaires vont donc bientôt pouvoir retourner à l’école, sans masque, presque comme avant. En 10 jours, le discours des autorités à propos de la rentrée à l’école à connu un 180 degrés spectaculaire.

Jusqu’à hier le retour à l’école était l’exception. Seules les seules années diplômantes sont rentrées et avec des mesures de sécurités drastiques, dès lundi ce sera l’inverse. Ce sera retour à l’école pour tout le monde, sauf exception (secondaire), et avec des mesures de sécurités minimales. Pas de masque et de distance physique pour les plus petits.

Il y a quelques jours on calculait encore le quotient du carré de l’hypoténuse d’une aire occupée par élève divisé par la moyenne de l’aire de classe fois le nombre d’élèves en classe. Ici ce sera comme d’habitude ou presque pour les élèves de primaire, avec masques et distance pour les adultes.

Revirement ?

Qu’est-ce qui a justifié un tel revirement de la part des autorités ? Officiellement, l’explication ministérielle est la suivante : l’évolution positive de l’épidémie chez nous. L’évolution aussi de la connaissance médicale, les enfants les plus jeunes sont très peu touchés et peu vecteur de la maladie.

C’est sans doute assez évident comme explication. On en ajoutera quelques-unes, la pression des pédiatres qui souhaitent le retour pour le bien-être psychologique des enfants, la pression des parents qui souhaitent le retour pour leur propre bien-être, la pression des milieux économiques qui souhaitent libérer leurs travailleurs des griffes de leurs enfants.

Et puis enfin, il y a la pression de la N-VA et de Ben Weyts (ministre flamand de l’enseignement) qui avait déjà annoncé la mesure avant même le conseil national de sécurité. C’est la deuxième fois, que ça arrive. Une pression sur les francophones qui vise à démontrer que l’enseignement est du ressort des communautés. Pour la N-VA c’est l’occasion de démontrer la supériorité du volontarisme flamand.

Méfiance

Le problème c’est qu’il va falloir expliquer ça aux parents et aux enseignants méfiants. Après des semaines de discours très prudents, des heures de réunions avec les directions et les personnels pour mettre en place des mesures draconiennes, il faut aujourd’hui expliquer que ce qui se justifiait il y a une semaine ne se justifie plus lundi. Les Flamands y ont été préparés depuis quelques jours pas les francophones.

La gestion de ce déconfinement a suscité beaucoup de méfiance, l’Académie de médecine parlait de décisions opaque et arbitraire il va falloir en gérer les conséquences. Auprès d’enseignants et enseignantes qui craignent pour leur santé. Les parents pour celle de leurs enfants. Il y a tous ceux qui se disent à quoi bon prendre des risques à un mois des vacances. La confiance sera difficile à regagner c’est certain.

La ministre Caroline Désir n’oserait d’ailleurs pas rendre le retour à l’école obligatoire. Elle l’a confirmé chez Thomas Gadisseux, chaque école, chaque parent fera comme bon lui semble. Une volonté de s’adapter à la réalité de terrain (certaines écoles font face à un absentéisme massif des enseignants). Une volonté aussi de ne pas brusquer des parents francophones très méfiants (depuis le 18 mai, en moyenne, seulement la moitié des élèves concernés se sont rendus à l’école, beaucoup moins qu’en Flandre).

Dans cette épidémie de méfiance, submerge à peine l’appel des pédiatres (260 pédiatres, 16.000 médecins) mettant en garde contre les effets négatifs d’un confinement prolongé sur les enfants. Pour eux, la balance entre santé psychologique et physique des enfants allait clairement dans le sens d’un retour à l’école. Les enfants ont droit à leur déconfinement. Il faudra nous adultes être à la hauteur de ce droit. Ce n’est pas gagné.







 

 

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