Ecole : le déclin inexorable de la Flandre

La livraison des résultats de l’étude PISA sur les performances de l’enseignement est comme toujours assez cruelle. C’est même chaque fois une claque pour la communauté française. Mais on le sait moins c’est aussi une claque au nord du pays. On peut discuter de la valeur de cette enquête, discuter de ses biais, mais quoiqu’on pense, Pisa pèse dans le débat public, et dans la décision politique. La réception de cette étude est donc un moment important.

La tentation de la comparaison

Ce qui avait particulièrement pesé dans les premières études il y a presque 20 ans, c’était la comparaison cruelle avec la Flandre qui était meilleure en math, en lecture, en science. Le seul critère ou le nord du Pays obtenait d’aussi mauvais résultats que nous, c’était l’inégalité de l’enseignement, c’est-à-dire l’énorme différence de résultats entre les écoles les plus et les moins performantes. C’est visiblement un mal Belge qui a résisté a la communautarisation de l’enseignement. Ce constat avait poussé l’exécutif à décider de se lancer dans une vaste réforme visant à améliorer les performances des élèves. C’est le pacte d’excellence, qui entre petit à petit en vigueur.

Or, cette comparaison avec la Flandre est un peu moins cruelle qu’avant. Mais il n’y a aucune raison de s’en réjouir. Les résultats PISA en Flandre sont moins bons qu’avant. Ils sont encore bien supérieurs aux nôtres, mais la tendance, en math, en lecture, en science est à la baisse. Inexorablement à la baisse depuis 20 ans.

Prenons la lecture. En l’an 2000 la Flandre affichait 532 points, la moyenne de l’OCDE 500 et les francophones 476. Il y avait donc 55 points d’écart entre les deux communautés. Aujourd’hui la Flandre à perdu 30 points. Elle est à 502, la moyenne est aussi plus basse 481 et les francophones sont un peu remontés avec 481 points. L’écart est donc aujourd’hui de 21 points entre Nord et Sud. Il a donc diminué de moitié.

Ceci vaut aussi pour les maths et les sciences. A nouveau, aucune raison de se réjouir pour les francophones. C’est la moyenne de l’OCDE qui est en baisse. La Flandre suit cette tendance, la communauté française elle est relativement stable et est donc en train de la rattraper.

Bien sûr, la Flandre partait de beaucoup plus haut que nous. Mais cette baisse continue des résultats depuis 20 ans inquiète. Elle laisse comme une impression de déclin dans la presse. Le Standaard constate que la Flandre est en train de s’effondrer. Het Laatste Nieuws constate que le minimum est devenu la norme. Le Tijd que le joyau de la couronne de la Flandre, est en train de se ternir.

Impuissance ?

Ce sentiment de déclin est renforcé par l’apparente impuissance des gouvernements qui se sont succédé. Le gouvernement Jambon vient de se donner comme objectif une amélioration des performances. Avec, notamment, un test linguistique très tôt en maternelle pour détecter les problèmes. Mais les effets de ce genre de réformes mettent du temps à se faire sentir. Côté francophone le sentiment de déclin est encore plus puissant. Le pacte d’excellence qui est sensé lui aussi améliorer les performances vient seulement de commencer à entrer en application. Là aussi ses effets mettront du temps à se faire sentir.

C’est un autre héritage commun entre nord et sud, outre la reproduction très fortes des inégalités sociales à l’école, nos systèmes sont complexes. Ce sont d’énormes paquebots dont le gouvernail est occupé par beaucoup d’acteurs différents et que le politique a bien du mal à manœuvrer.





 

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