Eclaircie en attendant le printemps

Eclaircie en attendant le printemps
Eclaircie en attendant le printemps - © Tous droits réservés

Sans doute, trêve des confiseurs n'aura pas depuis longtemps aussi bien porté son nom. Après des semaines d'agitation sociale, le gouvernement respire un peu et apprécie à sa valeur la trêve de l'heure, même si l'avenir reste incertain.

C’est sans doute l’esprit quelque peu soulagé que les membres du gouvernement fédéral vont passer les fêtes. La tension sociale est quelque peu retombée et même si tout est loin d’être réglé, une éclaircie semble se dégager au-dessus de la rue de la Loi.

Modèle social

Même si le gouvernement n’était pas directement à la manœuvre, patrons et syndicats ont non seulement renoué le dialogue mais conclu des premiers accords. L’aval du gouvernement, nécessaire, n’était pas forcément acquis tant ces accords détricotent quelque peu l’accord gouvernemental, que l’on sait sacro-saint, sur l’aménagement des fins de carrière, l’âge des prépensions. Mais l’équipe de Charles Michel a su saisir l’opportunité de montrer que son appel à la concertation n’était pas un vain mot, qu’il y a bien des espaces de négociations, que le gouvernement fédéral n’est pas psychorigide et peut faire des concessions.

Certes, cette première éclaircie après des semaines tempétueuses reste timide. D’un autre côté, les patrons ont pu s’accorder et les syndicats limiter leurs ambitions, c’est en effet secteur par secteur que l’on jugera si les nouveaux aménagements de fin de carrière sont possibles.

On constate aussi que là où MR et N-VA aiment à voir une grosse main socialiste wallonne derrière l’agitation sociale et la FGTB, c’est à présent le président (flamand) de la CSC qui reste le plus critique. Pour la suite, il n’y a rien sur la table, proclame Marc Leemans et ne voit pas la paix sociale que Charles Michel aurait mise sous le sapin.

Dès le 12 janvier, des discussions ardues s’engageront entre partenaires sociaux sur la fixation des salaires. Au gouvernement fédéral, on croise les doigts ; si le temps des négociations (deux mois) risque de correspondre à une accalmie sociale, rien n’est garanti pour la suite. Un certain flou entoure toujours le saut d’index : patrons et syndicats n’ont pas la même interprétation sur son intégration dans le calcul de la norme salariale et le gouvernement répète qu’il y aura bel et bien un saut d’index mais n’a encore adopté aucun texte législatif en ce sens. Pour mieux l’utiliser comme outil de négociation ?

Stratégie socialiste

Si le gouvernement fédéral a l’impression d’avoir mangé son pain noir, le PS pourrait déjà avoir mangé son pain blanc. Il était simple pour les socialistes de relayer les revendications syndicales. On ne l’a cependant guère entendu sur le premier accord entre représentants des travailleurs et des patrons. Si l’embellie sociale devait se perpétuer (on est loin du compte), le parti d’Elio Di Rupo serait privé de ses principaux arguments pour pourfendre la politique fédérale d’autant plus que le gouvernement wallon de Paul Magnette pourrait se retrouver en même temps confronté à la grogne de ses services publics.

Deux mois de négociations sociales s’ouvrent, le gouvernement dispose ensuite d’un mois pour avaliser/compléter/refuser un éventuel accord ou agir à défaut. Cela nous emmène en mars. Chacun devrait passer l’hiver au chaud avant un printemps qui pourrait voir fleurir quelques surprises.

 

Philippe Walkowiak

Et aussi

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK
Matin Première
en direct

La Première Bxl

Matin Première