DOUR Day 2 : East Coast et musique du soleil

Les Belges d'Intergalactic Lovers à Dour
Les Belges d'Intergalactic Lovers à Dour - © © RTBF – David Salomonowicz - 2014

Une deuxième journée rythmée par des artistes Made in Big Apple et par des odes aux millions de rayons de lumière.

Mais avant toute chose la bien triste nouvelle tombée en début d’après-midi de ce jeune Français retrouvé mort au pied de sa tente dans le camping. Les organisateurs décident malgré tout et logiquement de continuer le festival et renforcent sur le site les arrosages de festivaliers à coups de lances de pompiers.

 

Au niveau de la musique, Slow Magic, drôle de personnage masqué (Un cheval ? Un Chat fluo ? Un totem indien 2.0 ?) ouvre le bal au Dance Hall. Des percussions qui agrémentent joliment son électro pourtant déjà colorée. Ça se laisse écouter même si ça ne révolutionne rien. C’est en tout cas raccord avec les 33 degrés au mercure. On se verse des bouteilles d’eau sur la tête et du coup, on ose les braver pour aller voir les Anversois de Psycho 44. Sacrée claque de rock grunge envoyée dans nos oreilles avec une double voix dont celle du chanteur principal qui a des faux airs (vocalement) d’un certain Kurt Cobain. Ils terminent leur récital par un Dance MTHRFCKR Dance prémonitoire de la suite des hostilités. Notamment l’ambient orientale du globetrotter Onra qui mélange des vieilles sonorités en provenance de Chine ou du Vietnam avec des samples hip-hop.

 

Retour au pays avec les Intergalactic Lovers, très populaires au Nord du pays et qui ont fait le plein de (très nombreux) festivaliers flamands (mais pas que) au chapiteau de la Petite Maison dans la Prairie. Leur deuxième album Little Heavy Burdens est un concentré de très belles mélodies, leur ancien tube Delay un must listen et la chanteuse Lara Chedraoui une des plus jolies voix du Royaume. Nos voisins français nous envoient quant à eux Skip The Use sur la Main Stage et dans la foulée François & the Atlas Mountain. Si les premiers remplissent la plaine, jouent avec le public, se jettent dans la foule après 2 chansons, se promènent jusqu’à la régie son, les seconds sont d’une sobriété remplie de classe. Les Lillois de Skip the Use sont à l'instar de Shaka Ponk aperçus aux Ardentes, un groupe auto-proclamé bêtes de scènes mais qui n’a au final pas grand-chose d’intéressant à dire artistiquement et qui fait beaucoup de cinéma on stage pour le combler. On leur préfère mille fois le rock funky et intelligent de François et de ses troupes qui démontre que point trop n’en faut et que la musique, si elle est bonne, peut parler d’elle-même.

 

Même combat avec les Allemands de The Notwist qui, sans se la raconter, livrent un des rocks les plus futés de la scène indé. Leur prestation est néanmoins plus bruyante que celle (mémorable) du Bota en avril où leur pouvoir mélodique avait été étincelant. La fin de leur set sera de cet acabit avec notamment leur hymne Pilot qui se transforme au fur et à mesure en version reggae puis électro.

 

La page new-yorkaise s’ouvre avec Raekwon figure de poids (270 kilos de muscle ?) du Wu-Tang-Clan en mode Gangsta East Coast avec plein de coups de feu et de MTHRFCKR. Si les samples sont divins, son flow nous marque moins et on glisse vers d’autres new-yorkais (légèrement) plus gay friendly nommés Hercules & Love Affair. Le projet du DJ Andy Butler est un cocktail savant de retro house 90’s avec 2 voix sublimes et le coup de foudre subi aux Nuits Bota œuvre à nouveau. On reste encore à Big Apple avec la très belle découverte du jour en la personne des Underarchievers. Le duo de rappeurs n’a pas encore sorti d’album (il arrive sous peu) mais jouit déjà d’une excellente réputation. Celle-ci est on ne peut plus justifiée tant ils retournent la tente via leurs flows assassins. Ils ponctuent même (curieusement) leur concert par un dj set qui comprend de la trap et du Kanye West. Curieux, mais ambiance de feu.

 

Le soleil refuse de se coucher. 21 heures et… 28 degrés. Claptone puis Bakermat divulguent leur collection de sunny songs parfaitement en phase avec le thermomètre. Pendant ce temps (à Diamante K), les Suédois de Little Dragon livrent une indie ensorceleuse via la voix profonde de la chanteuse Yukimi Nagano et via des synthés 80’s propulsés par le sosie de Rael. Quelques perles de leur dernier album Nabuma Rubberband mais également quelques vieux morceaux comme le superbe Ritual Union. Direction l’usine à tubes Klaxons toute de blanc vêtue et venue défendre un récent album Love Frequency qui malgré quelques qualités peine un peu à rattraper ses illustres prédécesseurs. Il y aura bien le nouveau There is no other Time mais c’est surtout Golden Skans et Not over yet qui font le job. Ils ont en tout cas l’air ravi de l’accueil réservé.

 

Tout comme Nas immense rappeur venu fêter les 20 ans de la sortie de son album mythique Illmatic qui s’enthousiasme à la vue de la plaine remplie. C’est, il est vrai, la véritable tête d’affiche de la journée (si pas du festival) et il va faire honneur à son rang. Il ouvre son tour de chant par NY State of Mind, classique fondateur du hip-hop s’il en est et enchaine avec Life’s a bitch, The Worls is Yours ou Represent (Belgium Represent Represent !!!) puis rend hommage à Michael Jackson avec Human Nature devenant It aint hard to tell. L’heure passée avec ce grand Monsieur du rap se clôturera en best of avec des morceaux qui ont marqué sa carrière comme If I Ruled the World, Hate me Now ou Street Dreams.

 

La soirée se termine par l’électro aérienne du Dj berlinois Paul Kalkbrenner et son appel au voyage deep house Sky and Sand devenu culte via le documentaire Berlin Calling. La capitale allemande a également envoyé le duo Tale of Us pour faire danser les festivaliers hennuyers, mais Londres n’est pas en reste avec le producteur de génie Orlando Tobias Edward Higginbottom (quel long nom) plus connu sous le sobriquet Totally Enormous Extinct Dinosaurs (quel long et bizarre nom) qui enivrera la foule avec Household Goods et Garden.

 

Un jardin ensoleillé même la nuit. Magic Dour.

 

David Salomonowicz