Dilemme…

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Dans ce pays, l’une des principales banques frise la faillite, un pan entier de l’histoire industrielle s’effondre, les agences de notation menacent d’empirer la situation budgétaire et l’Europe attend un plan d’économie de près de 10 milliards rien que pour l’an prochain… mais c’est la composition de la future coalition et sa répartition de portefeuilles ministériels qui préoccupe les esprits… 487 jours après les élections !

Avec ou sans les Verts ? Le formateur cédera-t-il au diktat du VLD ?

Alexander De Croo avait déjà précipité le pays dans la crise politique ; il bloque pour l’instant la formation de la future coalition. Une majorité des formations politiques souhaitent embarquer les Verts mais l’Open VLD (et dans une moindre mesure le CD&V) renâcle.

Les libéraux flamands préfèrent même opter pour un gouvernement sans légitimité en Flandre (sans Groen!, seuls 43 des 88 députés flamands soutiendraient le futur gouvernement). L’Open-VLD, discret sur le volet institutionnel, compte bien se "refaire" sur les dossiers économiques et de société. Le parti voit son électorat filer de plus en plus vers la N-VA qui entretient des liens étroits avec le petit patronat flamand (VOKA), le tissu industriel des PME et qui défend les classes moyennes contre la "rage taxatoire" ou s’en prend à l’actuelle politique d’immigration.

Pour cela, Alexander De Croo entend évincer les écologistes, pensant ainsi plus facilement imposer des mesures "purement libérales". C’est mal connaître le PS que de croire cela ! D’autant plus que si Ecolo se retrouve dans l’opposition, ce sera pour fustiger les mesures "antisociales" du nouveau Premier Ministre socialiste. Elio Di Rupo sait qu’il devra réaliser de sévères coupes budgétaires qui mécontenteront une partie de la population. Sa plus grande crainte sera dès lors de voir FGTB et Ecolo défiler côte à côte contre les mesures d’austérité du nouveau gouvernement. A quelques mois des élections sociales, la FGTB ne laissera rien passer et le PS peut craindre des répercussions lors du scrutin communal d’octobre 2012. Cette situation explique aussi que les Verts ne perdraient pas tout en se retrouvant dans l’opposition même si il leur sera difficile de rester cohérent en étant dans l’opposition au PS rue de la Loi et à ses côtés à Namur.

Quoiqu’il arrive, d’Elio Di Rupo ou d’Alexander De Croo, l’un  devra bientôt céder à l’autre…

Philippe Walkowiak

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