De passage au 16

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Il y a deux fonctions auxquelles Elio Di Rupo tient bien plus qu'à un simple poste de Premier Ministre: président du Parti Socialiste et bourgmestre de Mons.

Ce n'est pas donc par hasard que les premières décisions qu'il a prises après avoir prêté serment auprès du Roi, ce fut d'organiser son remplacement à ces deux postes.

Remplacement n'étant d’ailleurs pas vraiment le mot puisqu'il gardera à la fois le mandat de président du PS et restera bourgmestre (certes empêché) de Mons.

Il gardera un œil sur ces deux fonctions.

Son mandat à la tête du PS court jusqu'à 2015 et Elio Di Rupo a fait modifier en vitesse, le week-end dernier, les statuts du parti pour créer le rôle de président faisant fonction et se garantir de retrouver la présidence du parti quand ce sera nécessaire.

Cela permet aussi de ne pas léser la puissante fédération liégeoise du PS, la première en nombre d’affiliés, qui ne dispose plus de ministre au fédéral avec l’éviction de Michel Daerden.

Mais il rompt ainsi avec une certaine tradition: quand ils sont devenus Premier Ministre, Wilfried Martens et Guy Verhofstadt avaient démissionné purement et simplement de leur fonction de président de parti.

Certaines voix en Flandre estiment déjà qu'en agissant de la sorte, en se réservant la possibilité de se replier sur son parti, Elio Di Rupo montre qu'il ne croit pas à la pérennité de sa coalition.

Mais Elio Di Rupo a toujours laissé entendre, un peu en boutade, qu'il voulait présider au moins autant qu'Emile Vandervelde, figure emblématique du socialisme d'avant-guerre, président jusqu'à sa mort. Emile Vandervelde aura incarné le socialisme de la Charte de Quaregnon (1894) à son décès (1938). C’est dire l’ambition…

Dans l'immédiat, on imagine également assez mal que Thierry Giet mène la campagne des élections communales sans en référer à Elio Di Rupo.

A Di Rupo la stratégie, à Giet la gestion quotidienne.

Même chose à la ville de Mons...

Mons, c'est l'autre raison de vivre politique d'Elio Di Rupo.

Là aussi, cela s'est décidé dès hier soir, en convoquant des élus montois à Bruxelles.

Le bourgmestre Di Rupo a désigné un homme de confiance, un proche.

Ancien député wallon, le docteur Marc Barvais est président du CPAS de la ville. Là aussi, on met un avant un fidèle, on évite de donner des illusions à un héritier présomptif. Elio Di Rupo reste bourgmestre en titre et gardera un œil sur tous les dossiers de la ville, notamment ceux liés à Mons 2015, capitale européenne de la Culture... LE grand projet qui lui tient au cœur.

Cela préfigure une autre première : un Premier Ministre en poste qui mène campagne aux élections communales et sera reconduit comme bourgmestre de sa ville.

Elio Di Rupo ne sera que de passage au 16, mais il ne pouvait échapper à son destin.

Philippe Walkowiak

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