Coronavirus : l'union au bord du gouffre.

Au bout d’une soirée un peu folle, les belges ont finalement un plan d'action digne de ce nom. Un plan qui plus est salué comme étant "à la hauteur" par les virologues. C’est le plus important. La Belgique a une réponse commune une crise sanitaire sans précédent. Sophie Wilmès, la première ministre a pu annoncer une réponse forte et surtout unie face aux angoisses de la population.

Nous avons évité ce qui s’était passé lors du dernier conseil national de sécurité. Les "recommandations" d’interdictions des rassemblements de plus de 1000 personnes avaient laissé plus de questions que de réponses. Laissé de sérieuses divergences d’interprétation entre nord et sud. Les décisions sont là, on ne parlera pas d’union sacrée - ne dramatisons pas - mais d’union tout court. Ceci dit, ce fut loin d’être simple. 

Un début divisé

À l’entrée : un carré de tension. Pour schématiser, il y avait, d'un côté, les virologues qui défendent une réponse à la danoise ou à l’Irlandaise (avec fermeture des écoles, universités, télétravail massif et fin de tous les rassemblement de plus de 100 personnes). Dans l'autre coin du carré : les francophones, mené par Elio Di Rupo, favorables et déterminés à fermer les écoles, tant les pouvoirs organisateurs ne savaient déjà plus aujourd’hui quoi dire aux parents inquiets.  Au nord : Jan Jambon, la N-VA qui refuse d’aller aussi loin par crainte des conséquences sanitaires et économiques. Et puis, le fédéral, Sophie Wilmès, à la tête d’un gouvernement en affaires courantes qui rassemble des ministres du nord et du sud. Et qui constate les dégâts.

Ces divisions ont duré. À un moment donné, il a été question que chaque communauté reparte avec son propre plan pour les écoles. Et en attendant, la RTBF filme les chaises vides. Pour les francophones, ce vide est particulièrement délétère. Beaucoup ont vu le président français, Emmanuel Macron, annoncer la fermeture des écoles, mais maintenir contre toute attente les élections locales. Mais avec au moins une communication éfficace, jacobine, solitaire, martiale, déterminée.

Chez nous : le vide du pouvoir durant trois heures. S'il avait abouti sur une désunion, dans un moment aussi tragique, cela aurait signé la fin des illusions sur le politique et la Belgique fédérale. On a frôlé bye Bye Belgium.

Le fédéral a pu prendre la main 

Il faudra encore investiguer pour comprendre le déroulé exact de la prise de décision. Mais reste qu’à un moment donné, sud et nord, en désaccord, ont laissé la main au fédéral pour trancher. Notre absence de hiérarchie entre niveaux de pouvoir s’est effacée devant la menace du virus. Sophie Wilmès a tranché, sous la pression, dans le sens de la fermeté.  L’obstacle est franchi. Le moment était capital, c’est ce que nous ont dit tous les spécialistes. C’est maintenant le début d’une nouvelle ère pour la population et pour les gouvernements des différents niveaux de pouvoir. Ils vont devoir prouver dans la durée qu’il sont à la hauteur des décisions prises hier soir. Car la meilleure arme contre le virus c’est la confiance. La confiance dans le système de soins, la confiance que les autorités sont à la hauteur pour gérer ça de la Première ministre jusqu’aux infirmier.e.s. 

Aujourd'hui, l’essentiel est là : nous avons un plan. La Belgique fait face à un cas de force majeure. Il fallait montrer une réponse d'une force majeure. Ce fut le cas hier soir. A l’heure où l’on parle, les gouvernements ont été à la hauteur des enjeux. 

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