Contre le Coronavirus : grande union ou grande illusion ?

Contre le Coronavirus : grande union ou grande illusion ?
Contre le Coronavirus : grande union ou grande illusion ? - © Tous droits réservés

Sophie Wilmès va donc recevoir les pouvoirs spéciaux pour son gouvernement pour faire face à la crise du coronavirus. Elle a reçu le soutien de 10 partis. Elle aura une écrasante majorité de 120 sièges à la Chambre ce jeudi. Mais peut-on parler pour autant de “grande union” comme le dit Sophie Wilmès ?


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Pas faux ?

Pour ce qui concerne les pouvoirs spéciaux, la gestion du coronavirus, oui c’est la grande union. On retrouve tous les partis qui sont au pouvoir en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles, plus le cdH. Soit 10 partis. En ce sens l’union est grande. C’est techniquement vrai.

Vous remarquerez, pour la petite histoire que la Première ministre Sophie Wilmès n’utilise pas le terme "d’union nationale”. Dans notre pays c’est inimaginable. Puisque seule la Flandre peut se revendiquer d’être une nation. Elle n’a pas utilisé non plus le terme “Union sacrée” une expression beaucoup plus guerrière puisqu’elle remonte à l’union des différents partis lors de l’entrée de la première guerre mondiale en 1914.

"Grande union", donc contre le coronavirus et pour les pouvoirs spéciaux. Mais grande illusion aussi puisqu’attention, ces 10 partis ne soutiennent pas tous le nouveau gouvernement de Sophie Wilmès. On voudrait nous faire croire que la page des divisions est tournée. Mais c’est faux.

Il n’y a pas que la N-VA

Les nationalistes ont voté contre la confiance avec le PTB et le Vlaams Belang. Bart de Wever l’a encore dit à la VRT vendredi soir. Il ne digère pas d’avoir été jeté par Paul Magnette alors que le président du PS lui avait donné sa parole pour former d’urgence un gouvernement PS et N-VA. Cet accord a failli voir le jour samedi 15 mars mais Paul Magnette a changé d’avis le lendemain après avoir été contesté par sa base.

Pour Bart De Wever, Paul Magnette aurait dû démissionner après un tel revers. La trahison de Paul Magnette suscite une rancœur féroce à la N-VA. Et pas qu’à la N-VA. C’est le cas aussi de Conner Rousseau, le jeune président du sp.a. Il raconte dans le détail au Standaard samedi les détails de cette formation manquée. Ce gouvernement PS-N-VA a été torpillé en direct en télévision par une conjuration du PS du MR rejoint par Ecolo dans le dos des partis flamands.

Morceaux choisis de cette interview au vitriol : une pratique “scandaleuse”, un “couteau dans le dos” de la part de Paul Magnette. Un politicien qui “préfère jouer à des jeux pendant que des gens se battent pour leur vie”. Un “coq”, dit-il qu’il met dans le même sac que Georges Louis Bouchez d’ailleurs. Conner Rousseau accuse le président du MR d’avoir pensé avant tout à maintenir les 7 postes de ministres que possède son parti au fédéral.

Grande union, grande communication

Pour ce qui concerne la lutte contre le coronavirus cette "grande union" de 10 partis aura bien lieu. Cela ne fait aucun doute. Mais ne nous méprenons pas côté francophone. Au nord, la grande union est vécue par une partie de la Flandre comme une grande illusion. Les francophones sont accusés d’avoir instrumentalisé la crise sanitaire pour forcer un gouvernement qui ne reflète pas les résultats des élections du 26 mai.

La prestation quasi sans faute de Sophie Wilmès et la communication coordonnée des partis francophones ne doivent pas nous faire oublier que ce gouvernement PS-NVA avorté va laisser une cicatrice indélébile.

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