Nouveau confinement : le compte à rebours

Le compte à rebours avant un nouveau confinement est lancé. Mais jusqu’à la dernière seconde, les politiques voudront l’éviter. L’idée c’est d’attendre l’effet des mesures prises la semaine passée, avec le niveau 4 du baromètre. La fermeture de l’Horeca, la limitation drastique exigée des contacts sociaux. Il faut une dizaine de jours.

 

Passer le week-end

On n’y est pas encore donc. Mais le chiffre du jour d’hospitalisations est très mauvais. 421 personnes supplémentaires sont à l'hopital à cause du virus. Un chiffre malheureusement très élevé qui n’augure pas encore d’infléchissement de la courbe. Pourtant l’espoir des différents gouvernements, c’est que cet infléchissement intervienne après le week-end. Pour les hôpitaux qui sont trop sous tension, le plan de répartition devrait les soulager un moment.

Un nouveau confinement n’arriverait donc au mieux ou au pire que dans le courant de la semaine prochaine. Cette semaine, on doit s’attendre au durcissement d’une série de protocoles sanitaires, et de nouvelles restrictions qui viendrait s'ajouter aux règles déja renforcées, au couvre-feu, à la fermeture de l’horeca. Dans les fait l'addition des mesures conduit à un "confinement light". Un semi-confinement qui épargne les secteurs ou il y aurait eu moins de contaminations avérées (comme la culture). Un confinement "intelligent" en quelque sorte.

Confinement intélligent? 

Le problème, c’est qu’en Belgique nous n’avons pas cherché à connaître les sources des contaminations, les clusters. C’est donc difficile d’être intelligent si nous sommes aveugles. Car nous ne connaissons pas bien l’origine des transmissions. Surtout sur ce qui se passe dans le monde du travail. 

Les secteurs épargnés par les fermetures le sont surtout parce qu’ils sont stratégiques. Sans transports en commun pas de travailleurs dans les entreprises, si trop d’entreprises ferment cela aggrave la crise sociale et économique, si les écoles ferment qui va s’occuper des enfants de ceux qui travaillent ?

Facture salée

Un chiffre circule, c’est celui de la Banque Nationale : 20 milliards d’euros. Il faut savoir que le premier confinement a coûté près de 50 milliards d’euros, environ 10% du PIB. La Banque avait calculé qu’en cas de deuxième vague et d’un nouveau confinement il faudra ajouter à cette année maudite qu’est 2020 environ 4% de baisse du PIB en plus… Donc environ 20 milliards.

Avec un deuxième confinement, c’est aussi la confiance des consommateurs et des chefs d’entreprise qui en prendrait un sacré coup, l’image de la Belgique à l’étranger aussi, et le tsunami de patients dans les hôpitaux, serait couplé à un tsunami de faillites d’entreprises (qui est déjà largement attendu dans les prochains mois).

Les pressions pour éviter un nouveau confinement viennent de partout et en particulier des fédérations patronales qui exhortent les gouvernements à l’éviter.

Jours cruciaux

Si la courbe s’aplatit, la discussion n’aura plus lieu d’être. Si elle ne s’aplatit pas, ou pas partout, alors elle reviendra. Pour l’instant, presque tout le monde politique tire sur le frein pour retarder un confinement. Dans les partis personne n'ose vraiment y penser, n'y même en parler. Même si Georges Louis Bouchez au MR a adopté un discours "vérité", il n'a pas parlé de confinement. La N-VA y est très hostile et préfère des confinements locaux. C’est l’alternative : confiner seulement les villes ou les provinces où la situation est hors de contrôle. Cela veut dire quasiment toute la Wallonie et Bruxelles et bientôt peut-être une bonne partie de la Flandre. 

Mais pour l’instant les régions sont alignées dans le refus. Elio Di Rupo dont la région est la plus touchée d'Europe s'y oppose autant que Jan Jambon. En attendant dans les hôpitaux le compte à rebours continue de tourner.

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