Condoleezza Rice, Dropbox et la NSA...

Cédric Godart
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Cédric Godart - © RTBF

Une ancienne ministre de l'administration Bush sème le trouble dans le conseil d'administration de Dropbox.

Les polémiques se suivent en Silicon Valley. A croire que politique et technologie ne font pas bon ménage. Alain Gerlache vous parlait de la démission il y a 10 jours du patron de Mozilla, Brendan EICH, suite au soutien financier qu'il avait apporté, au nom de sa Fondation, au lobby anti "mariage pour tous". Cette fois, c'est l'arrivée de Condoleezza Rice au sein du conseil d'administration de l'entreprise Dropbox qui crée une vague de protestation. Son embauche a été annoncée de manière feutrée le 9 avril dernier par voie de communiqué .

Question : que fait Dropbox? L'entreprise, basée dans le sud de la ville de San Francisco, héberge des données et propose un disque dur virtuel, dans ce qu'il est convenu d'appeler le "nuage", pour les particuliers et les entreprises du monde entier. Officiellement, il s'agit de profiter de son expertise dans le domaine des affaires. Avant d'embrasser une carrière politique dans les années 90, elle fut membre du CA d'un assureur et de HP, une autre entreprise informatique.

Où se situe le problème? Rice a longtemps servi Bush (père) au début des années 90 sur les matières liées à la chute de l'Union Soviétique, elle fut également conseillère à la sécurité nationale sous Bush fils. Deux éléments viennent noircir son tableau. En 2009, le Sénat des Etats-Unis révèle que Rice a autorisé l'utilisation de méthodes de tortures "musclées". Elle est également à l'origine de la légalisation des différentes écoutes téléphoniques. Elle aurait clairement soutenu Bush dans le projet de récolte de données via l'agence de sécurité nationale, la NSA. Son passé ne rassure pas les utilisateurs, qui se sont regroupés sous la bannière "Drop Dropbox " (traduction: "Laissez tomber Dropbox").

D'un côté les arguments selon lesquels la secrétaire d'Etat a couvert des actes de torture à la recherche d'"armes de destruction massive" sont probablement hors propos. De l'autre, on peut clairement se demander quelle mouche a piqué Dropbox lorsqu'ils ont choisi Rice, compte tenu du soutien qu'elle a manifesté dans les écoutes électroniques de l'agence de sécurité informatique américaine.

Question : existe-t-il une alternative européenne à ces disques durs polémiques dans le cloud. Réponse, oui, plusieurs mêmes. En France, par exemple, OVH propose Hubic. Chez nous, ContactOffice se présente comme l'alternative anti-NSA.

Mais les utilisateurs sont aujourd'hui presque naturellement tournés vers des solutions américaines comme celles de Google, Microsoft, Dropbox, Box et Apple, tant l'intégration du stockage des données est évidente et facilitée sur les principaux ordinateurs et autres terminaux nomades vendus aujourd'hui sur un marché, que l'industrie européenne a lamentablement désinvesti durant le début des années 2000. On pense à Ericsson, Alcatel et autres Nokia, lesquels battent désormais d'autres pavillons, tantôt américains, tantôt asiatiques.

@cedricgodart

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