Climat: et à la fin du mois, arrive la facture

Climat : et à la fin du mois, arrive la facture
Climat : et à la fin du mois, arrive la facture - © Tous droits réservés

Quand la mobilisation des jeunes pour le climat va-t-elle s’arrêter ? C’est la question que se pose beaucoup la rue de la Loi. Quand et comment ce mouvement va-t-il s’arrêter ? Car aujourd’hui, la campagne est dominée par le climat. Et il y a très peu d’espace médiatique, y compris sur les réseaux sociaux, pour le reste. Prenez la N-VA par exemple. Son grand congrès sur le confédéralisme est passé un peu inaperçu, on en a quasiment plus parlé côté francophone que côté flamand d’ailleurs. Et quand Bart De Wever va dans les médias pour tenter de porter ses thèmes de campagne, confédéralisme, économie, identité, il se prend des volées de questions sur une autre De Wever, Anuna De Wever, cette jeune activiste qui est une des chevilles ouvrières du mouvement des jeunes pour le climat.

La N-VA est-elle en décalage ?

Avec le mouvement des jeunes pour le climat oui, mais pas nécessairement avec la population flamande. Het Laatste Nieuws propose ce matin un sondage et 70% des Flamands se déclarent gravement préoccupés par le réchauffement de la planète. Mais en même temps, 60% ne souhaitent pas payer d’impôts supplémentaires pour résoudre le problème. Bref, lutter contre les dérèglements climatiques oui mais sans payer la facture à la fin du mois.

Or, c’est justement la ligne de De Wever (Bart pas Anuna). Pour la N-VA, le climat est un problème qu’on ne résoudra pas par des taxes. Il faut faire confiance au marché et aux technologies pour résoudre les problèmes. Cette posture on la retrouve aussi défendue par beaucoup de cadres du VLD et du mouvement réformateur.

Le marché peut-il sauver le climat ?

C’est une posture raillée par le mouvement des jeunes pour le climat. On y retrouve l’idée qu’il faut changer rapidement de modèle économique. Le mouvement climatique insiste aussi sur le coût de l’inaction qui serait plus grand que le coût de l’action, en tout cas à long terme. C’est un très beau débat. Comment notre société doit-elle s’organiser pour faire face à ce problème environnemental majeur ? Quel doit être le rôle de l’État ? Des entreprises ? De la société civile ? Des individus ? Et bien sûr, qui doit payer la facture ? Or, le mouvement des jeunes pour le climat est un mouvement tribunicien, un mouvement de mise en alerte de la population et des élites politiques, économiques et médiatiques.

Et cette alerte, désormais hebdomadaire, crée aussi une forme d’angoisse nouvelle chez l’électeur. Une angoisse qui peut mobiliser, pousser à l’action, mais qui suscite aussi le rejet. Ainsi dans le sondage de Het Laatste Nieuws, 60% des sondés se disent fatigués par la mobilisation et estiment que le message est désormais passé. Cette lassitude pourrait se transformer en opposition et profiter par exemple à la N-VA.

C’est la question qui se pose aujourd’hui aux militants de la cause climat. Comment passer à autre chose ? Comment passer d’un mouvement tribunicien à un mouvement de propositions qui pèse sur les partis et la campagne ? Si cette question reste sans réponse, il risque de retourner contre lui une partie de l’opinion publique qui lui est aujourd’hui sympathique.
 

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