CD&V : le crépuscule des barons

Le CD&V se choisit un nouveau président. Beaucoup de nouveaux visages, du renouvellement donc. Mais ce qui est généralement un signe de vitalité pour un parti, est ici plutôt un signe de décrépitude. Voici les noms, ils sont 7. Katrien Partyka, députée bourgmestre de Tirlemont, Christophe Vermeulen qui est assistant parlementaire, Walter De Donder bourgmestre d’Affligem (et acteur célèbre en Flandre pour avoir joué dans Kabouter Plop), Vincent Van Peteghem député bourgmestre de Pinte, Joachim Coens le bourgmestre de Damme (et patron du port de Zeebrugge), Raf Terwingen le bourgmestre de Maasmechelen, Sammy Mahdi (président des jeunes CD&V).

Le problème n’est pas qu’il y ait beaucoup de candidats, c’est surtout qu’aucune personnalité forte n’a voulu se présenter. Ni Hilde Crevits, Ni Koen Geens, Ni Pieter de Crem, ni Hendrik Bogaert, tous préfèrent rester ministres, ou député. Il n’y aura pas ou peu de grand débat sur la ligne que doit suivre le parti : plus droitière, ou plus centriste, plus libérale ou plus conservatrice.

Affaibli comme jamais

Le CD&V c’est LE grand perdant des dernières élections (avec le SPa). Il est passé de 800.000 voix en Flandre à 600.000. Un quart des voix évaporées. En cause une ligne assez peu lisible au sein du gouvernement Michel. Les voilà pourtant embarqués dans un gouvernement flamand ou on cherche en vain la trace des chrétiens-démocrates. Wouter Beke, l’ancien président, semble surtout avoir assuré son poste de ministre, rien de plus. Le CD & V occupe le pouvoir, sans idée ou presque. Ce n’est pas durable.

Ce renouvellement sera peut-être, qui sait, le signe d’un nouveau départ pour les chrétiens-démocrates. Peut-être, mais sans doute que non. Car le contexte n’offre que peu de marges de manœuvre au nouveau président. Il sera assez faible et très vite contesté par les ministres qui sont restés au balcon. Ils vont gérer leur bien comme des barons leur fief.

Le CD&V a bien eu du mal à s’adapter au crépuscule des dieux, a la sécularisation de la société. Il a vécu douloureusement le crépuscule des idoles, la perte des Dehaene et Martens. Il vit maintenant dépité le crépuscule de ses barons: les Beke, Crevits, Geens, De Crem. Les notables du CD & V attendent que l’aube se lève. Ils croient toujours en eux, mais sans doute plus déjà dans leur parti.


 

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