Casse sociale chez Saint-Nicolas

Casse sociale chez Saint-Nicolas
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Proximus pourrait annoncer la perte de 2000 emplois. Cette décision va très vite devenir une affaire politique. En précampagne, ça ne va pas louper pour trois raisons. D’abord parce que 2000 emplois c’est beaucoup pour une entreprise de 13 000 personnes. Parce que c’est une entreprise structurante de l’économie belge et évidemment parce que l’État est actionnaire majoritaire. Avec un danger pour le gouvernement minoritaire en affaires courantes, être accusé par l’opposition de n’avoir rien fait pour éviter, voire d’avoir provoqué la casse sociale. D’ailleurs, Charles Michel l'a bien compris. Il a fait savoir qu’il acceptait difficilement cette annonce puisque le Premier ministre n’aurait été tenu au courant que tard dans l’après-midi des intentions de Proximus, après le conseil d’administration. La patronne de Proximus, Dominique Leroy, a donc été convoquée chez le Premier aujourd’hui.

Les raisons d'une entreprise cotée

Pourtant, à priori, c’est normal que Charles Michel ne soit pas tenu informé de ce genre d'annonce. Proximus est une société cotée en bourse, il y a des règles à respecter dans la circulation de l’information. Et avertir de manière privilégiée l’un des actionnaires d’une décision qui peut avoir un impact sur le cours de bourse c’est risquer un conflit d’initié.

L’Etat oublie parfois que Proximus est une entreprise cotée en bourse. Enfin quand ça l’arrange du moins. Didier Bellens, l’ancien patron de Belgacom, avait résumé en une phrase cinglante à l’époque où Elio Di Rupo était Premier ministre la relation en Proximus et le gouvernement “il m’appelle une fois par an pour la Saint-Nicolas” comprenez pour toucher le dividende que l’Etat espère le plus gros possible.

Mais Didier Bellens avait tort car l’Etat veut plus que le dividende. Il veut aussi que Saint-Nicolas Proximus ne fasse pas de casse sociale, surtout à quelques mois d’une élection. L’Etat veut que Saint-Nicolas réalise des investissements massifs dans le cadre du pacte d’investissement et, enfin, l’Etat veut que Saint-Nicolas accepte la présence d’un quatrième opérateur télécom sur le marché pour ouvrir la concurrence. Conséquence aujourd’hui, pour faire face à la concurrence, Proximus explique qu’il doit se digitaliser et diminuer l’emploi. Les entreprises télécom avaient prévenu, la fédération du secteur (Agoria) également, cette ouverture plus large à la concurrence allait détruire de l'emploi (6000 selon Agoria). L'Etat ne peut vouloir tout et son contraire de la part de Proximus. 

 

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