Bouchez-Ducarme, appareil MR contre appareil MR

C’est donc parti pour un duel pour la présidence du MR. Un deuxième tour qui n’était pas vraiment prévu. Mais rien ne s’est vraiment passé comme prévu depuis le départ. Charles Michel qui quitte le Navire, Didier Reynders aussi, Willy Borsus qui préfère être ministre wallon.

Quand Denis Ducarme a présenté le premier sa candidature, on s’attendait à un duel avec Georges Louis Bouchez, peut-être à un truel. Mais certainement pas à une course à 5 avec deux Liégeois Christine Defraigne et Philippe Goffin et une Bruxelloise Clémentine Barzin.

Première leçon de cet écrémage, les trois candidats qui avait les profils les plus au centre que ce soit sur le social, les droits ou l’environnement, les trois candidats qui avaient une lecture plus critique de l’aventure en solo de la Suédoise, sont passés à la trappe. Reste donc ceux qui, sans avoir fait une campagne très à droite, ont en tout cas un profil plus droite décomplexée. Georges Louis Bouchez et Denis Ducarme ont en commun par exemple d’avoir affiché publiquement leur sympathie pour Théo Francken et la N-VA ces 5 dernières années.

Pas de clivage idéologique

Ce deuxième tour n’oppose pas deux visions du libéralisme. C’est ce qu’on aurait eu dans le cas où Christine Defraigne se serait imposée au second tour. Ce n’est pas le cas car les deux candidatures liégeoises (Defraigne et Goffin) se sont cannibalisées. Donc, ce qui les différencie c’est avant tout un style de présidence, une communication différente et une méthode différente. Sur le papier on retrouve une opposition Reyndersien contre Michelien. Mais c’est une grille de lecture qui est devenue moins efficace qu’avant. Georges Louis Bouchez était reyndersien et est devenu michelien. Denis Ducarme est Michelien, mais son père s’est durement opposé au putsch organisé contre Didier Reynders en 2010. Au MR personne ne l’a oublié.

Au fond, ce qui les différencie c’est un très solide contentieux personnel puisque Georges Louis Bouchez s’est plusieurs fois frotté à Denis Ducarme en tant que patron du MR Hennuyer. Georges Louis Bouchez lui reproche de lui avoir barré la route vers le parlement en ne lui refusant une place éligible sur les listes électorales.

Base contre l’appareil

La ligne de fracture souvent mise en avant concerne la division base (Ducarme) contre appareil (Bouchez). Or elle ne fonctionne que partiellement. Georges Louis Bouchez a certes réussi à être soutenu par l’appareil, par le clan Michel et ses proches qui pilotent le parti. Mais cela ne suffit pas à générer une rupture.

D’abord parce que toute l’histoire de Georges Louis Bouchez a été de s’imposer depuis la base jusqu’au sommet, avec les dents qu’il a longues. Fils de commerçant, militant de base, il s’est forgé une carrière à coups de sorties médiatiques en solo, puis de bons scores électoraux. Il s’est imposé à l’appareil. Il a les barons avec lui aujourd’hui, mais c’est d’abord un pur produit de lui-même.

Denis Ducarme c’est l’inverse. Fils de président du MR (Daniel Ducarme), il est quasiment né avec une cuiller du mouvement réformateur dans la bouche. Il se présente comme le candidat de la base, proche des militants mais c’est d’abord un pur produit du parti, proche de Charles Michel, il s’est imposé par sa fidélité. Ce sont donc quelque part deux candidats de l’appareil qui s’oppose aujourd’hui mais avec deux styles très différents.



 

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