Belgique: un paradis pour cartes Gold

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

La volonté du patron de LVMH de devenir Belge aura remis en lumière le statut de paradis fiscal de la Belgique. Un sujet devenu très délicat politiquement pour la majorité fédérale...

Il aura donc fallu que Bernard Arnault entame une procédure pour que finalement éclate au grand jour la réalité : la Belgique est un paradis fiscal !

A la différence du Monégasque moyen, pas sûr que le Belge le constate, que du contraire : la Belgique reste un des pays au monde où la pression fiscale globale est la plus élevée ! Un paradis fiscal réservé aux riches en quelque sorte.

Vous rajoutez à cela une période électorale, les traditionnelles tensions entre gauche et droite au sein de la majorité fédérale, des partis flamands aux abois face à leur dégringolade dans les sondages et un PS quelque peu gêné sur sa gauche, pour en faire un cocktail explosif.

Avec l’affaire Arnault, la Belgique est désormais désignée dans tous les médias de la planète comme l’endroit où les milliardaires et les grandes multinationales peuvent facilement et en toute légalité ne pas payer d’impôt… ou presque.

Paradis réservé aux riches…

Rien de neuf mais cette réalité peut s’avérer désastreuse pour les partenaires de la majorité au moment où le gouvernement demande des efforts à la population et singulièrement pour le Parti Socialiste, qui serait bien en peine d’imposer de nouvelles taxations des hauts revenus lors du prochain conclave budgétaire ( plus de 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires à trouver), prudemment reporté de toute façon à l’après-scrutin.

De plus, la rentrée de Bart De Wever s’est faite sur le thème de la Flandre souffre de la rage taxatoire imposée par le PS. Depuis juillet 2010, la N-VA a modifié son discours, désormais autant sur axe idéologique que communautaire (la Flandre " prospère et de droite " s’oppose à la " pauvre Wallonie socialiste "). Tétanisé, les autres partis flamands ont aussi banni de leurs discours le mot " taxe " même sur les plus riches ou les entreprises prospères.

… avec le concours du PS ?

Le PS se retrouve bien seul et doit assumer, en pleine campagne électorale, le fait que son électorat prend conscience que la Belgique s’est transformée en paradis fiscal, en un peu plus de 20 ans, … soit lors de la période où il a été au pouvoir de manière ininterrompue.

Le PS a sans doute maintenu un assez haut niveau de protection sociale au prix de concessions en faveur des entreprises ou des revenus du patrimoine. Or, à présent c’est cette protection sociale qui est menacée, pas les faveurs faites au capital.

La campagne électorale des communales est généralement une campagne de proximité mais pour l’instant, il est surtout question de l’avenir du pays et de son statut de paradis fiscal pour nantis.

Philippe Walkowiak

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