Bart De Wever en formation de combat

Bart De Wever, le président de parti a été très présent durant toute la formation. Depuis hier c’est Bart De Wever président de la Flandre qui est de sortie. En appelant à un front flamand et en considérant que le fédéral était devenu ingérable, le général nationaliste est publiquement de retour, celui qui considère la N-VA non comme un parti mais comme une formation de combat (sic).

Het Laatste Nieuws s’y est d’ailleurs laissé prendre. Le plus grand journal flamand écrit ce matin que : “Bart De Wever a généralement gardé la bouche fermée durant 8 mois”.

Il n’y a rien de plus faux. Bart De Wever a hypercommuniqué, en particulier quand le VLD s’est laissé tenter par l’idée d’un gouvernement sans lui. On a eu droit à deux TV par jour, Pear Harbor et les Wallons passifs…

Si Het Laatste Nieuws a l’impression que Bart De Wever est de retour après une longue absence, c’est donc que ce n’est plus le même Bart De Wever. L’homme qui a accepté de laisser tomber son exclusive vis-à-vis du PS, l’homme qui voulait sincèrement monter au fédéral pour régler les problèmes budgétaires du pays, l’homme toujours poli avec le Palais, l’homme qui passerait quasiment pour un nouveau Marc Eyskens est redevenu la conscience éclairée de la Flandre. C’est lui le guide qui sait que la Belgique est condamnée, qui sait que le PS est mauvais pour la Flandre, l’homme qui appelle à un front flamand et à une transformation du pays.

Bart De Wever ressort renforcé de cette séquence ?

Oui, sa manœuvre est assez remarquable. Il a laissé tomber ses partenaires de droite de la Suédoise, il a largement contribué à la pire défaite d’un gouvernement depuis la guerre, son parti encaisse 8 sièges, il laisse le pays dans une situation budgétaire catastrophique, il a contribué à la montée du Vlaams Belang, il était tellement affaibli qu’il a dû manger sa parole de ne pas gouverner avec le PS et “ceux qui le traitent de Nazi”.

Oui, Bart De Wever, le perdant, qui avait fait un trait sur le fédéral depuis les élections locales et le pacte de Marrakesh a su se montrer stratège et patient.

Il a su profiter du point faible du PS, cette position d’entre deux : accepter de négocier avec la N-VA par politesse, mais refuser par avance de gouverner avec les nationalistes par principe. Il a su convaincre beaucoup de monde Bart De Wever, quelques francophones, beaucoup de Flamands, beaucoup des membres de la N-VA que tout ça n’est pas de sa faute.

Mais aujourd’hui, enfin, sa patience est récompensée. Il peut enfin dire ce qu’il a toujours pensé. Que ce pays n’a pas d’avenir, et qu’il faut se rassembler derrière lui et la N-VA. Parce que, dit-il, la N-VA est la seule à pouvoir gérer ça de manière ordonnée.

La formule est célèbre. “Avec la Belgique si c’est possible, sans la Belgique s’il le faut.” Bart De Wever n’a rien inventé. Hier il disait que c’était possible. Aujourd’hui il dit "il le faut" et appelle à un front flamand. Bien sûr on peu largement douter de la sincérité du "c’est possible" et de la candeur du "il le faut".

Refus d’un front

Mais la demande de "front" n’a pas été acceptée par le CD & V et le VLD. Le deuxième tour de cette négociation commence. Celle ou côté flamand et francophone il va falloir se positionner. Quelle Belgique veut-on ? Celle transformée avec le logiciel nationaliste de Bart De Wever ou autre chose ?

Cette autre chose qui ne parvient désespérément pas à surgir.

Cette autre chose qui va nécessiter quoi qu’il arrive beaucoup d’abnégation politique de beaucoup de partis parfois très opposés idéologiquement.

Car si au fond Bart De Wever est redevenu le général nationaliste qu’il a toujours été, s’il peut brandir le confédéralisme ce n’est pas parce que c’est le meilleur projet. C’est parce que c’est le seul…

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