Baromètre isolant

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

Le baromètre RTBF-La Libre-Dedicated a livré ses différents enseignements. Le MR, qui a pris quelques risques politiques, s'en sort plutôt bien. Mais l'essentiel pour lui est peut-être ailleurs.

Un premier sondage après un scrutin fait toujours un peu figure de test ou plutôt permet de vérifier chez les uns ou les autres que le cap pris (ou subit) est le bon. Rien n’est encore définitif mais cela permet de baliser l’avenir.

Le MR, seul (francophone) contre tous

Avec 21,9% à Bruxelles et 25,8% en Wallonie, le MR restait sur de bons résultats électoraux en mai dernier, mais insuffisant, on l’a constaté, pour influencer le cours des évènements côté francophone, la faute en premier chef sans doute à une campagne électorale où le parti de Charles Michel se sera fâché avec tout le monde et se retrouva bien seul au lendemain du 25 mai.

Cet isolement a contribué à ce que les majorités régionales se referment au nez des libéraux qui se sont jetés dans une aventure qui paraissait encore extravagante en juin : monter une coalition de droite avec un seul parti francophone.

Le baromètre RTBF-LaLibre-Dedicated viendra mettre un baume sur les doutes de Charles Michel : son parti se voit légèrement conforté dans les intentions de vote et surtout à ses yeux, PS et CDH reculent encore, après un mauvais scrutin.

Mais malheureusement pour le MR, l’essentiel est désormais ailleurs : une majorité de Francophones trouvent qu’il a eu tort d’agir comme il l’a fait et trouvent encore plus qu’être seul parti francophone pose problème, même les électeurs libéraux sont très nombreux (41% des Bruxellois, 49% des Wallons) à le penser. Un quart des Francophones à peine pensent enfin que cette coalition peut tenir une législature.

Le 16, comme pis-aller

Sans considérer comme Elio Di Rupo, que le 16 est une vieille chaussette lancée au MR, le poste de Premier Ministre est en train de se refiler comme un " valet puant ", au point que dans les trois régions du pays, l’électeur estime qu’il vaut mieux autant le refiler à Maggie De Block, dont le seul fait d’arme politique est la fermeté imposée à l’émigration, un peu comme Marc Verwilghen à une autre époque.

Côté popularité, malgré une baisse et une belle progression du tandem Michel-Reynders, Elio Di Rupo reste de loin le plus populaire.

L’état de l’opinion paraît également diamétralement opposé en nord du pays, où un gouvernement de droite, l’attitude du MR ou les choix politiques posés bénéficient d’un large soutien.

Le MR fournira peut-être le prochain locataire du 16, mais son isolement, sa mise sous tutelle des partis flamands disent les mauvaises langues, ne sera pas forcément rompu pour autant.

 

 

Philippe Walkowiak

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