Aux marches du palais

Samedi matin, il sera curieux de voir des nationalistes, républicains affirmés, jurer fidélité au roi, au chef d’un état dont ils espèrent la fin !

Ce n’est pas la première fois. Des députés VNV dans les années 30, des parlementaires Vlaams Blok dès les années 90, N-VA ensuite ont prêté serment au Parlement.

Récemment, Geert Bourgeois ministre-président flamand aura sans doute été le premier nationaliste flamand a toutefois prêter serment directement devant le roi. Mais ce n’est sans doute pas plus incongru historiquement, que d’avoir vu des ministres communistes faire de même au sortir de la 2ème Guerre Mondiale.

Négociation sans crise

Depuis le début du règne d’Albert II, le palais joue le rôle que l’on attend de lui. L’interventionnisme de Baudouin appartient au passé.

Lors de la laborieuse négociation de 2010-2011, Elio Di Rupo principalement, mais aussi tous les autres –teur (Beke, Reynders, Vande Lanotte, etc.) avaient su utiliser la case " palais " pour accroître la dramatisation ou au contraire permettre aux négociations de souffler. Il est vrai que le contexte était très différent : l’Europe inquiète nous observait, la population manifestait et des actions citoyennes surgissaient çà et là. La Belgique et ses citoyens étaient alors véritablement en introspection identitaire.

Ce qui n’avait pas empêché en 2011 que l’on connaisse aussi le casting ministériel avant le communiqué du Palais. Avant cela, Guy Verhofstadt n’avait non plus pas toujours mis les formes.

Cette fois, le roi aura finalement très peu vu ses formateurs, là où Elio Di Rupo se rendait régulièrement chez Albert II. Souhait du Palais ou décorum de la fonction de formateur ?

Il faut aussi reconnaître que cette fois, la négociation gouvernementale n’a pas connu de réels parfums de crise ; juste quelques tensions sur le commissaire européen. Le roi a été tenu au courant mais son rôle a été marginal dans la négociation, le palais n’ayant joué un rôle qu’à la désignation de Charles Michel.

N-VA

La mise en route du gouvernement fédéral ne s’est finalement pas autrement déroulée que celle du gouvernement flamand : Bart De Wever jouant les architectes et parfois les entremetteurs quand des tensions sont apparues. Charles Michel a maintenu le cap de mettre sur pied une coalition inédite, au programme en rupture avec ces 30 dernières années.

Tout cela s’est déroulé en bonne intelligence entre les deux hommes.

La N-VA avait plaidé pour un gouvernement fédéral restreint, puisque notamment il y avait moins de compétences au fédéral.

Reste aussi à assurer la répartition des influences entre les deux principaux partis. Le Premier Ministre ne sera-t-il plus pour la première fois, considéré comme au-dessus des contingences linguistiques ? Parce qu’il est francophone ? On avait déjà essayé d’imposer cela à Elio Di Rupo qui l’avait refusé en 2011.

Au Palais comme au 16, une période change.

 

Philippe Walkowiak

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