Austère austérité de rigueur

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La réalité va-t-elle s'imposer à la campagne ? Avec plus de 700 000 chômeurs, un endettement au-delà des 100% du PIB et 22 milliards d'économies à réaliser d'ici 2015, il n'y a plus beaucoup de promesses électorales qui tiennent.

Le Bureau du Plan vient rappeler ce que l'on savait depuis l'automne dernier ; on parlait alors d'un effort qui pourrait même aller jusqu'à 25 milliards. Certes, le gouvernement Van Rompuy avait eu la bonne intuition de dresser un bilan sur les deux exercices. A ce jour, on ne savait pas s'il y aurait bien un gouvernement en septembre pour confectionner un budget. Ce ne sera pas le cas. Mais il est aussi apparu à l'époque que la seule épure budgétaire dressée par Van Rompuy et sa coalition CD&V-MR-VLD-cdH-PS manquait d'ambition (ou de courage, c'est selon) puisque le gros de l'effort était reporté au-delà de 2011. Certains dans la majorité estimaient même à l'époque que l'Europe ne serait pas peut être pas aussi sévère. On doit aujourd'hui déchanter.

Les relèvements d'allocations, de pensions, les baisses d'impôts ou de charges promis ça et là en cette période de campagne électorale ne pourraient être renvoyées qu'au rang de chimères ou de promesses de campagne, impossibles à tenir.

Le déficit se creuse, le chômage atteindra un sommet jamais atteint depuis la guerre et les coûts salariaux s'envolent. Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, il apparaît aussi que parmi les 58 pays les plus industrialisés de la planète, la Belgique est en recul : en termes d'efficacité des pouvoirs publics elle arrive en 43ème position du classement. Pire encore, la Belgique est 54ème pour la gestion des finances publiques, 56ème pour les incitants à l'emploi et bonne dernière pour la pression fiscale !

La crise politique intervient bien au pire moment de la crise économique mondiale ; 2010 sera l'année la plus noire en terme de chômage.

Foin des promesses électorales, c'est plutôt d'un langage de transparence fait de clarté et de volontarisme dont le citoyen-électeur a besoin. Rien ne sert de promettre des "lendemains qui chantent" si au bout de la route (la fin de la législature), il n'y aura que du "sang et des larmes". L'heure est à la lucidité. La question n'est pas de savoir si le prochain gouvernement devra faire preuve de rigueur ou d'austérité. On sait déjà que ce sera rigueur ET austérité.

 

Philippe Walkowiak

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