Au cdH, un dernier coup pour la route

Le cdH choisit l’opposition, partout. Cela éclaircit un peu la situation politique. En particulier en Wallonie. Désormais trois scénarios restent possibles. La violette (PS-MR), l’arc-en-ciel (PS-MR-Ecolo) ou la rouge vif (PS-Ecolo-PTB). Vu l’état des discussions et de la situation au fédéral c’est surtout la solution arc-en-ciel qui voit augmenter ses chances. Voilà qui ne fait pas du tout le jeu d’Ecolo qui est fortement mis sous pression désormais. S’il veut être indispensable en Wallonie (ce qu’il veut) il doit forcer une majorité FTGB (PS-Ecolo-PTB). Or cette majorité reste très compliquée. Ecolo est donc quasiment forcé à entrer dans un arc-en-ciel (ou il n’est pas indispensable). Reste la dernière option choisir l’opposition en Wallonie. Trois scénarios qui posent des problèmes à Ecolo. C’est pour cela qu’un Jean Michel Javaux s’en est pris hier à Maxime Prévot sur Twitter.

À Bruxelles et au fédéral, l’arc-en-ciel PS-MR-Ecolo sort évidemment renforcé de ce choix. Le MR se retrouve en position de force pour exiger d’être au pouvoir partout. La coalition PS-Ecolo-DéFi qui se dessinait à Bruxelles pourrait bien être remise en cause.

Le cdH force (un peu) le destin…

Le constat c’est que le cdH n’était déjà plus vraiment maître de son destin. Sa participation était au fond laissé au bon vouloir des considérations stratégiques d’Elio di Rupo. Le cdH était devenu le joker de la négociation en cours. Les choses sont désormais plus claires. Et si jamais, si jamais, la situation politique, surtout au fédéral tourne au vinaigre, le cdH pourra toujours sortir de sa réserve comme un vieux Jedi qui doit sauver le monde. C’est ce qu’a laissé entendre Maxime Prévot ce matin.

Vive l’opposition ?

Le cdH peut-il se refaire une santé dans l’opposition ? Ce n’est pas du tout certain. En 1999 le PSC y est contraint par l’arc-en-ciel négocié par Louis Michel. Il est alors à 16% en Wallonie. Durant cette cure d’opposition, le PSC se transforme en cdH et en 2003 le nouveau parti fait 15.3%. Après un léger rebond en 2007 il se retrouve à 15.7%, puis c’est 14 en 2014 et aujourd’hui 10%. Une descente aux enfers pour un parti qui entre 1970 et 1995 est toujours restée entre 20 et 25%. Le CD & V vit la même désillusion et arrivera peut-être au même constat.

Le Centre a bien du mal a se retrouver. Pourtant l’électorat centriste existe, mais il est orphelin d’une identité politique centrée sur la religion catholique. Les centristes votent aujourd’hui entre cdH, MR, PS et Ecolo. Comment définir une nouvelle offre politique pour rassembler tout ça ? On a beaucoup parlé d’une fusion du PSC et du PRL à l’époque de Louis Michel à la fin des années 90. Certains y réfléchissent toujours depuis lors. Si jamais le cdH se retrouvait avec le MR dans l’opposition face à un gouvernement ou figure le PTB cette piste reviendra. Si le cdH se retrouve dans l’opposition avec le PTB il essayera de recueillir les traditionnels déçus de la montée au pouvoir Ecolo. Mais ce ne sera pas simple face à un gouvernement tripartite qui de par sa nature va sans doute gouverner au centre. La dernière possibilité, se retrouver dans l’opposition avec Ecolo et le PTB, n’offre aucune perspective à court terme.

Rien n’est simple donc pour le cdH. Le changement de nom de 1999 n’a pas porté ses fruits. Le coup de poker de Benoit Lutgen en 2017 non plus. Voici donc un nouveau coup, le dernier pour la route ? Parmi les voies d’espoir, il y a bien l’exemple français. Celui d’Emmanuel Macron qui a réussi à faire revivre le centre. Après avoir tué le PS il est en train de tuer la droite classique. Mais En Marche est une création ex nihilo dans un système politique majoritaire. C’est très difficile à reproduire chez nous. Maxime Prévot est-il l’homme providentiel du cdH ? On a 5 ans pour répondre à cette question.

 

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